Le débat sur le logement au Canada ne porte plus seulement sur l’établissement de cibles ambitieuses. Le véritable test est maintenant celui de la livraison : construire davantage de logements, plus rapidement et à moindre coût, tout en renforçant la fabrication canadienne, les emplois et les chaînes d’approvisionnement.

L’Association des produits forestiers du Canada (APFC), en partenariat avec le Conseil canadien du bois (CCB) et WoodWorks, a récemment réuni des leaders de la fabrication du bois, des codes du bâtiment et des approbations, du développement de la main-d’œuvre et des méthodes de construction modernes afin de se concentrer sur les mesures possibles pour répondre au besoin national urgent de construire davantage de logements. Un constat est ressorti clairement de la discussion d’experts : si nous ne parvenons pas à répondre aux besoins du Canada en matière de logement, ce ne sera pas faute de solutions de construction.

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À propos de l’auteur : 

Hailey Quiquero, gestionnaire principale de WoodWorks Ontario, est ingénieure en structure spécialisée en architecture durable et œuvre à faire progresser les systèmes de construction en bois. Son parcours comprend la recherche sur le bois massif et la sécurité incendie, le conseil en conception structurale et la réalisation de projets d’habitation préfabriquée en bois. Dans le cadre de ses fonctions au sein du programme WoodWorks du Conseil canadien du bois, Hailey collabore avec son équipe pour offrir un soutien technique aux équipes de projet ainsi que des ressources et de la formation aux acteurs du secteur. Elle contribue ainsi à l’utilisation réussie du bois, un matériau de construction naturel et durable, dans notre environnement bâti.

Photos: Panelized Building Solutions Inc.

Photo : PrimeFab

Auteur : Hailey Quiquero, MASc, P.Eng.

1. Créer une demande prévisible et des marchés publics adaptés à la construction moderne.

Les fabricants canadiens peuvent produire du bois de masse, des systèmes préfabriqués en panneaux et d’autres composants de logements construits en usine à grande échelle. Toutefois, pour optimiser l’efficacité, les usines ont besoin d’un portefeuille stable de projets qui leur permet de planifier la production, d’investir dans la capacité, de réduire les coûts unitaires et de conserver les travailleurs qualifiés.

Le gouvernement devrait planifier et acheter en fonction de la répétabilité et de la performance, plutôt que d’obliger les systèmes de construction modernes à s’adapter à des modèles d’approvisionnement conçus pour des projets ponctuels réalisés sur chantier. Les programmes fédéraux, notamment Maisons Canada et Construction de Défense Canada, peuvent dès maintenant commencer à agréger la demande dans l’ensemble des portefeuilles, s’engager dans des pipelines de projets à long terme et utiliser des approches d’approvisionnement collaboratives qui intègrent les fabricants tôt dans les décisions de conception.

2. Adapter le financement au logement construit en usine.

En règle générale, le financement traditionnel de la construction ne débloque pas les fonds avant l’arrivée des matériaux sur le chantier. Dans le cas des méthodes de construction modernes, où les composants du bâtiment sont fabriqués hors site, des coûts importants sont engagés plus tôt dans le cycle de construction. Des dépôts substantiels sont nécessaires pour lancer la production, car les fabricants doivent assumer d’importantes dépenses initiales pour acheter le bois et les autres intrants nécessaires au démarrage de la fabrication et financer la main-d’œuvre hors site, mais ces dépôts ne correspondent pas aux jalons de financement établis. Le logement peut être construit beaucoup plus rapidement, de façon plus sécuritaire et à moindre coût en usine, ce qui représente une solution convaincante à la pénurie de logements. Ce décalage en matière de financement exerce une pression inutile sur le fonds de roulement et peut empêcher des projets par ailleurs viables d’aller de l’avant.

Un investissement modeste en amont peut éviter une refonte coûteuse, améliorer la certitude des projets et rendre les systèmes canadiens en bois plus concurrentiels. Maisons Canada et la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) peuvent contribuer à combler cet écart grâce à des jalons de financement qui reconnaissent la production en usine vérifiée, à des outils de financement relais, à des garanties de prêt et à du financement en début de projet pour la validation de la conception.

3. Harmoniser les codes et fournir aux municipalités des outils pratiques d’approbation.

Les codes modèles nationaux du bâtiment du Canada ont considérablement élargi les possibilités d’utiliser le bois de masse et d’autres méthodes de construction modernes; toutefois, leur adoption et leur interprétation varient encore largement selon les provinces et les municipalités. Au moment où les équipes, les fenêtres de production et le financement sont déjà engagés, les équipes de projet peuvent encore faire face à des mois d’incertitude en raison de codes, d’approbations et de processus de délivrance des permis lourds. Cette imprévisibilité ajoute des coûts et va directement à l’encontre de l’abordabilité.

Les municipalités ont besoin de règles claires et d’outils prêts à l’emploi, et non d’un autre projet pilote qu’elles doivent concevoir elles-mêmes. Le gouvernement fédéral peut aider en soutenant une adoption plus rapide et plus uniforme des codes et en développant des ressources communes : listes de vérification communes pour les permis, ressources centralisées d’interprétation et modèle de voie accélérée pour les projets de construction hors site. Il peut également élargir les voies d’approbation des produits innovants et financer la formation technique des concepteurs, des constructeurs et des responsables du bâtiment.

4. Transformer les projets pilotes réussis en systèmes de logement reproductibles.

Les meilleurs résultats au pays se produisent lorsque les projets sont conçus dès le départ pour la fabrication et l’assemblage. Des trames structurales répétables, des composants et des assemblages normalisés, ainsi qu’une coordination précoce entre les concepteurs, les fabricants, les entrepreneurs et les organismes responsables des approbations peuvent créer des gains d’efficacité qui raccourcissent les échéanciers de conception et de construction. Le webinaire a présenté quelques exemples de rapidité de construction, notamment un immeuble d’appartements de 41 logements en bois de masse assemblé en 18 jours à Kitchener, en Ontario, et un immeuble modulaire abordable de 28 logements sur 4 étages installé en une seule semaine à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

L’objectif est de cesser de réinventer les principaux systèmes de bâtiment pour chaque projet, tout en préservant l’individualité de la conception. Lorsque cela se produit, nous pouvons construire rapidement sans compromettre la sécurité ni la qualité. Le Canada peut soutenir des systèmes de logement reproductibles en s’appuyant sur le catalogue fédéral de logements existant au moyen de conceptions préapprouvées et prêtes à être mises en chantier qui utilisent des systèmes de construction à ossature légère en bois et en bois de masse pour des appartements, des logements de densité intermédiaire manquante et d’autres types de bâtiments reproductibles. Ces conceptions devraient être jumelées à des outils numériques d’approbation, à des partenaires de livraison coordonnés et à des marchés publics fondés sur des portefeuilles.

5. Intégrer la main-d’œuvre au plan de logement dès le premier jour.

Le Canada doit doubler sa production de logements, mais nous ne pouvons pas construire à cette échelle sans disposer de la main-d’œuvre nécessaire. Les politiques et stratégies gouvernementales traitent trop souvent la main-d’œuvre comme une considération en aval, un élément secondaire par rapport aux cibles de logement, aux programmes de financement et aux échéanciers de construction déjà établis. Pendant le webinaire, les panélistes ont souligné l’ampleur du décalage : atteindre nos cibles de logement nécessiterait environ 500 000 travailleurs supplémentaires au cours des prochaines années. Le défi de la main-d’œuvre est aggravé par les départs à la retraite continus, les faibles taux d’achèvement des apprentissages et l’absence de parcours de formation clairs reliant la construction traditionnelle sur chantier aux méthodes fondées sur la fabrication en usine.

La pénurie de main-d’œuvre au Canada est aussi importante que l’écart en matière de logement; le développement de la main-d’œuvre doit donc être pris en compte dès le départ, en parallèle avec les priorités en matière de logement et les politiques habilitantes. Chaque grand investissement fédéral dans le logement doit comprendre, dès le départ, un plan de développement de la main-d’œuvre appuyé par de la formation dirigée par les employeurs, des apprentissages modernisés, des microcertifications liées aux nouvelles méthodes de construction et des parcours axés sur les compétences qui permettent aux travailleurs de passer de rôles liés à la construction sur chantier à des rôles liés à la construction en usine. Le recrutement doit également rejoindre les nouveaux arrivants, les peuples autochtones, les femmes et les autres talents sous-représentés, grâce à des mesures de soutien pratiques qui transforment l’intérêt en formation, en achèvement et en carrières durables.

Le Canada dispose déjà des ressources en bois, de la capacité de fabrication et de l’expertise technique nécessaires pour répondre à la demande en logements. Le véritable obstacle est la coordination entre les administrations et les ordres de gouvernement. Nous devons harmoniser les codes, les approbations, le financement, les marchés publics et les filières de développement de la main-d’œuvre afin de permettre le déploiement à grande échelle de solutions éprouvées. Bien que le défi du logement exige une collaboration sur plusieurs fronts, les experts du webinaire ont mis en lumière cinq domaines pratiques où le gouvernement fédéral peut jouer un rôle de premier plan pour faire progresser cet effort coordonné.

Passer de l’ambition à la livraison

Le Canada n’a pas besoin d’attendre un nouveau matériau, une nouvelle technologie ou la solution miracle proverbiale pour résoudre la pénurie de logements. Nous pouvons corriger le tir dès aujourd’hui en harmonisant les systèmes qui permettent de faire passer les solutions canadiennes éprouvées en bois du plancher de l’usine aux logements achevés. Cela signifie utiliser :

  • le pouvoir d’achat fédéral pour créer une demande stable et prévisible;

  • la modernisation du financement pour la production hors site;

  • l’avancement de codes, de normes et de voies d’approbation harmonisés;

  • le déploiement à grande échelle de conceptions normalisées axées sur le bois; et

  • l’intégration du développement de la main-d’œuvre dans chaque grande initiative en matière de logement.

Placer le bois canadien au cœur de la livraison de logements est une manière pratique de construire plus rapidement et avec un carbone intrinsèque plus faible. Cela soutient également les travailleurs et les entreprises du Canada, renforce les chaînes d’approvisionnement nationales et crée une demande durable pour une ressource renouvelable véritablement canadienne et une chaîne de valeur nationale.

Les solutions sont disponibles et prêtes à être déployées à grande échelle. Le véritable travail consiste maintenant à passer à l’exécution — et le Canada peut commencer dès aujourd’hui.

Le débat sur le logement au Canada ne porte plus seulement sur l’établissement de cibles ambitieuses. Le véritable test est maintenant celui de la livraison : construire davantage de logements, plus rapidement et à moindre coût, tout en renforçant la fabrication canadienne, les emplois et les chaînes d’approvisionnement.

L’Association des produits forestiers du Canada (APFC), en partenariat avec le Conseil canadien du bois (CCB) et WoodWorks, a récemment réuni des leaders de la fabrication du bois, des codes du bâtiment et des approbations, du développement de la main-d’œuvre et des méthodes de construction modernes afin de se concentrer sur les mesures possibles pour répondre au besoin national urgent de construire davantage de logements. Un constat est ressorti clairement de la discussion d’experts : si nous ne parvenons pas à répondre aux besoins du Canada en matière de logement, ce ne sera pas faute de solutions de construction.

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À propos de l’auteur : 

Hailey Quiquero, gestionnaire principale de WoodWorks Ontario, est ingénieure en structure spécialisée en architecture durable et œuvre à faire progresser les systèmes de construction en bois. Son parcours comprend la recherche sur le bois massif et la sécurité incendie, le conseil en conception structurale et la réalisation de projets d’habitation préfabriquée en bois. Dans le cadre de ses fonctions au sein du programme WoodWorks du Conseil canadien du bois, Hailey collabore avec son équipe pour offrir un soutien technique aux équipes de projet ainsi que des ressources et de la formation aux acteurs du secteur. Elle contribue ainsi à l’utilisation réussie du bois, un matériau de construction naturel et durable, dans notre environnement bâti.

Photos: Panelized Building Solutions Inc.

Photo : PrimeFab

Auteur : Hailey Quiquero, MASc, P.Eng.

Passer de l’ambition à la livraison

Le Canada n’a pas besoin d’attendre un nouveau matériau, une nouvelle technologie ou la solution miracle proverbiale pour résoudre la pénurie de logements. Nous pouvons corriger le tir dès aujourd’hui en harmonisant les systèmes qui permettent de faire passer les solutions canadiennes éprouvées en bois du plancher de l’usine aux logements achevés. Cela signifie utiliser :

  • le pouvoir d’achat fédéral pour créer une demande stable et prévisible;

  • la modernisation du financement pour la production hors site;

  • l’avancement de codes, de normes et de voies d’approbation harmonisés;

  • le déploiement à grande échelle de conceptions normalisées axées sur le bois; et

  • l’intégration du développement de la main-d’œuvre dans chaque grande initiative en matière de logement.

Placer le bois canadien au cœur de la livraison de logements est une manière pratique de construire plus rapidement et avec un carbone intrinsèque plus faible. Cela soutient également les travailleurs et les entreprises du Canada, renforce les chaînes d’approvisionnement nationales et crée une demande durable pour une ressource renouvelable véritablement canadienne et une chaîne de valeur nationale.

Les solutions sont disponibles et prêtes à être déployées à grande échelle. Le véritable travail consiste maintenant à passer à l’exécution — et le Canada peut commencer dès aujourd’hui.

1. Créer une demande prévisible et des marchés publics adaptés à la construction moderne.

Les fabricants canadiens peuvent produire du bois de masse, des systèmes préfabriqués en panneaux et d’autres composants de logements construits en usine à grande échelle. Toutefois, pour optimiser l’efficacité, les usines ont besoin d’un portefeuille stable de projets qui leur permet de planifier la production, d’investir dans la capacité, de réduire les coûts unitaires et de conserver les travailleurs qualifiés.

Le gouvernement devrait planifier et acheter en fonction de la répétabilité et de la performance, plutôt que d’obliger les systèmes de construction modernes à s’adapter à des modèles d’approvisionnement conçus pour des projets ponctuels réalisés sur chantier. Les programmes fédéraux, notamment Maisons Canada et Construction de Défense Canada, peuvent dès maintenant commencer à agréger la demande dans l’ensemble des portefeuilles, s’engager dans des pipelines de projets à long terme et utiliser des approches d’approvisionnement collaboratives qui intègrent les fabricants tôt dans les décisions de conception.

2. Adapter le financement au logement construit en usine.

En règle générale, le financement traditionnel de la construction ne débloque pas les fonds avant l’arrivée des matériaux sur le chantier. Dans le cas des méthodes de construction modernes, où les composants du bâtiment sont fabriqués hors site, des coûts importants sont engagés plus tôt dans le cycle de construction. Des dépôts substantiels sont nécessaires pour lancer la production, car les fabricants doivent assumer d’importantes dépenses initiales pour acheter le bois et les autres intrants nécessaires au démarrage de la fabrication et financer la main-d’œuvre hors site, mais ces dépôts ne correspondent pas aux jalons de financement établis. Le logement peut être construit beaucoup plus rapidement, de façon plus sécuritaire et à moindre coût en usine, ce qui représente une solution convaincante à la pénurie de logements. Ce décalage en matière de financement exerce une pression inutile sur le fonds de roulement et peut empêcher des projets par ailleurs viables d’aller de l’avant.

Un investissement modeste en amont peut éviter une refonte coûteuse, améliorer la certitude des projets et rendre les systèmes canadiens en bois plus concurrentiels. Maisons Canada et la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) peuvent contribuer à combler cet écart grâce à des jalons de financement qui reconnaissent la production en usine vérifiée, à des outils de financement relais, à des garanties de prêt et à du financement en début de projet pour la validation de la conception.

3. Harmoniser les codes et fournir aux municipalités des outils pratiques d’approbation.

Les codes modèles nationaux du bâtiment du Canada ont considérablement élargi les possibilités d’utiliser le bois de masse et d’autres méthodes de construction modernes; toutefois, leur adoption et leur interprétation varient encore largement selon les provinces et les municipalités. Au moment où les équipes, les fenêtres de production et le financement sont déjà engagés, les équipes de projet peuvent encore faire face à des mois d’incertitude en raison de codes, d’approbations et de processus de délivrance des permis lourds. Cette imprévisibilité ajoute des coûts et va directement à l’encontre de l’abordabilité.

Les municipalités ont besoin de règles claires et d’outils prêts à l’emploi, et non d’un autre projet pilote qu’elles doivent concevoir elles-mêmes. Le gouvernement fédéral peut aider en soutenant une adoption plus rapide et plus uniforme des codes et en développant des ressources communes : listes de vérification communes pour les permis, ressources centralisées d’interprétation et modèle de voie accélérée pour les projets de construction hors site. Il peut également élargir les voies d’approbation des produits innovants et financer la formation technique des concepteurs, des constructeurs et des responsables du bâtiment.

4. Transformer les projets pilotes réussis en systèmes de logement reproductibles.

Les meilleurs résultats au pays se produisent lorsque les projets sont conçus dès le départ pour la fabrication et l’assemblage. Des trames structurales répétables, des composants et des assemblages normalisés, ainsi qu’une coordination précoce entre les concepteurs, les fabricants, les entrepreneurs et les organismes responsables des approbations peuvent créer des gains d’efficacité qui raccourcissent les échéanciers de conception et de construction. Le webinaire a présenté quelques exemples de rapidité de construction, notamment un immeuble d’appartements de 41 logements en bois de masse assemblé en 18 jours à Kitchener, en Ontario, et un immeuble modulaire abordable de 28 logements sur 4 étages installé en une seule semaine à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

L’objectif est de cesser de réinventer les principaux systèmes de bâtiment pour chaque projet, tout en préservant l’individualité de la conception. Lorsque cela se produit, nous pouvons construire rapidement sans compromettre la sécurité ni la qualité. Le Canada peut soutenir des systèmes de logement reproductibles en s’appuyant sur le catalogue fédéral de logements existant au moyen de conceptions préapprouvées et prêtes à être mises en chantier qui utilisent des systèmes de construction à ossature légère en bois et en bois de masse pour des appartements, des logements de densité intermédiaire manquante et d’autres types de bâtiments reproductibles. Ces conceptions devraient être jumelées à des outils numériques d’approbation, à des partenaires de livraison coordonnés et à des marchés publics fondés sur des portefeuilles.

5. Intégrer la main-d’œuvre au plan de logement dès le premier jour.

Le Canada doit doubler sa production de logements, mais nous ne pouvons pas construire à cette échelle sans disposer de la main-d’œuvre nécessaire. Les politiques et stratégies gouvernementales traitent trop souvent la main-d’œuvre comme une considération en aval, un élément secondaire par rapport aux cibles de logement, aux programmes de financement et aux échéanciers de construction déjà établis. Pendant le webinaire, les panélistes ont souligné l’ampleur du décalage : atteindre nos cibles de logement nécessiterait environ 500 000 travailleurs supplémentaires au cours des prochaines années. Le défi de la main-d’œuvre est aggravé par les départs à la retraite continus, les faibles taux d’achèvement des apprentissages et l’absence de parcours de formation clairs reliant la construction traditionnelle sur chantier aux méthodes fondées sur la fabrication en usine.

La pénurie de main-d’œuvre au Canada est aussi importante que l’écart en matière de logement; le développement de la main-d’œuvre doit donc être pris en compte dès le départ, en parallèle avec les priorités en matière de logement et les politiques habilitantes. Chaque grand investissement fédéral dans le logement doit comprendre, dès le départ, un plan de développement de la main-d’œuvre appuyé par de la formation dirigée par les employeurs, des apprentissages modernisés, des microcertifications liées aux nouvelles méthodes de construction et des parcours axés sur les compétences qui permettent aux travailleurs de passer de rôles liés à la construction sur chantier à des rôles liés à la construction en usine. Le recrutement doit également rejoindre les nouveaux arrivants, les peuples autochtones, les femmes et les autres talents sous-représentés, grâce à des mesures de soutien pratiques qui transforment l’intérêt en formation, en achèvement et en carrières durables.

Le Canada dispose déjà des ressources en bois, de la capacité de fabrication et de l’expertise technique nécessaires pour répondre à la demande en logements. Le véritable obstacle est la coordination entre les administrations et les ordres de gouvernement. Nous devons harmoniser les codes, les approbations, le financement, les marchés publics et les filières de développement de la main-d’œuvre afin de permettre le déploiement à grande échelle de solutions éprouvées. Bien que le défi du logement exige une collaboration sur plusieurs fronts, les experts du webinaire ont mis en lumière cinq domaines pratiques où le gouvernement fédéral peut jouer un rôle de premier plan pour faire progresser cet effort coordonné.