Dans l’industrie de la construction, la plupart des discussions sur le bois tournent autour de la conception, la performance, l’accessibilité financière et la séquestration du carbone, mais avant de se retrouver dans la charpente d’une maison, d’une école ou d’un commerce, le bois emprunte une chaîne d’approvisionnement longue et complexe. 

Pour se rendre de la forêt à la scierie d’une région éloignée ou nordique, puis vers un fabricant, un distributeur ou un chantier, le bois voyage par camion, par train et par liaisons intermodales. La fiabilité et l’efficacité de ces systèmes interdépendants influencent le coût des projets, les délais de construction et la confiance envers les systèmes en bois. 

Le lien entre les chaînes d’approvisionnement du secteur des transports et la réalisation des projets est particulièrement important à une époque où le Canada cherche à augmenter l’offre de logements. La construction à ossature légère, le bois massif, les systèmes hybrides, la construction par panneaux, la préfabrication et la livraison modulaire peuvent aider à construire plus rapidement et à moindre coût. Le Canada possède déjà des produits du bois et des systèmes de construction éprouvés capables de soutenir cette croissance. Le défi n’est pas de produire plus de matériaux, mais bien de créer un système intégré de la forêt à l’usine et à la porte, capable d’envoyer le bon produit au bon endroit, au bon moment et à un coût de livraison concurrentiel. 

place aux questions

De la forêt à l’usine à la porte : l’importance de la chaîne d’approvisionnement du bois canadien dans l’accélération de la construction 

Le coût, le délai et la certitude

Le bois d’œuvre et les autres matériaux de construction en bois, comme le contreplaqué et les panneaux de lamelles orientées, parcourent en moyenne 1
200 kilomètres par voie terrestre. Environ 90 pour cent des scieries membres de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC) sont desservies par un seul chemin de fer, et il manque d’options pratiques pour les déplacements longue distance. Les camions sont indispensables pour relier le premier et le dernier kilomètre, les livraisons régionales et l’accès aux gares, mais le transport longue distance par camion s’avère rarement une solution avantageuse pour les gros chargements de produits forestiers. Souvent, le transport ferroviaire est essentiel pour couvrir la distance entre la scierie et les principaux marchés canadiens ainsi que les plaques tournantes. 

Concilier les ambitions en matière de logement
et leur réalisation

Le discours sur les enjeux de logement au Canada porte souvent sur le nombre de mises en chantier, le financement et le processus d’approbations. C’est tout autant un enjeu logistique et industriel. Pour construire davantage en bois, il est important de coordonner les politiques concernant le logement, les achats, la fabrication, la main-d’œuvre, les codes, les approbations et le transport. Certains progrès peuvent être compromis lorsque les autres aspects ne suivent pas le rythme. 

Un marché intérieur plus solide permet d’offrir aux fabricants canadiens une demande plus prévisible et de diversifier un secteur qui reste hautement vulnérable aux conditions du commerce international. Toutefois, la demande intérieure ne remplace pas un accès compétitif aux marchés d’exportation, et elle n’est pas une panacée qui règle les contraintes de la chaîne d’approvisionnement. Le Canada a besoin à la fois d’un accès fiable au marché et d’une plateforme de distribution capable de transformer des systèmes de bois éprouvés en résultats reproductibles en matière de logement. 

Cela peut paraître contre-intuitif, mais une politique des transports qui fonctionne en est une où les chaînes d’approvisionnement de marchandises sont imperceptibles. Si le Canada parvient à résoudre les enjeux majeurs et chroniques décrits dans cet article, les personnes et entreprises qui en profitent au quotidien ne se rendront pas compte de l’existence des réseaux de transport de marchandises qui assurent la livraison du bois d’œuvre, les matériaux de construction et des produits manufacturés. Les matériaux seront livrés dans les délais prévus, les usines et les chantiers resteront productifs, les constructeurs feront davantage confiance aux systèmes de construction en bois canadiens, et les collectivités forestières seront mieux en phase avec les besoins en matière de logement et d’infrastructures d’un pays en pleine croissance. Telle est la promesse d’une approche de la forêt à l’usine à la porte. Ce n’est pas tout de déplacer du bois en plus grande quantité, encore faut-il se doter d’une chaîne d’approvisionnement qui permet au bois canadien de construire plus d’habitations avec une plus grande fiabilité. 

3

2

1

Premièrement, la performance de la chaîne d’approvisionnement doit être mesurée à la fois en termes opérationnels et économiques. Oui, le flux de production est important, mais cela ne suffit pas si les produits se déplacent à un coût qui empêche la production canadienne d’être concurrentielle. L’établissement de rapports public devrait offrir une certaine transparence vis-à-vis du service, des coûts et de la performance des corridors. De leur côté, les expéditeurs doivent pouvoir compter sur des recours quand les services ou les pratiques tarifaires sont déraisonnables. 

Deuxièmement, les investissements dans l’infrastructure doivent être accompagnés de résultats mesurables. Le Canada a besoin de corridors commerciaux résilients, mais il a également besoin d’investissements stratégiques dans la capacité de transbordement du « premier et du dernier kilomètre », dans les terminaux intérieurs, dans l’entreposage, dans les technologies de traitement des données, dans les voies terrestres, et dans les projets visant à éliminer les goulots d’étranglement ou à assurer la redondance. Le gouvernement devrait encourager les investissements privés et prioriser les projets qui améliorent la performance du réseau, plutôt que de traiter les annonces de projets d’infrastructure comme une fin en soi. 

Troisièmement, la politique du travail doit encourager le règlement rapide des négociations en cas de conflit de travail à travers des processus crédibles et prévisibles qui réduisent la fréquence et la durée des interruptions de la chaîne d’approvisionnement. En tant que représentante d’une main-d’œuvre fortement syndiquée, l’APFC a un profond respect pour le processus de négociation collective. Cependant, les arrêts de travail continus répétés chez les chemins de fer, aux principaux ports et dans le transport maritime mettent en péril les emplois du secteur de la foresterie, les clients et les collectivités. La stabilité de la main-d’œuvre et la sécurité d’emploi devraient être interdépendantes. 

Les récentes discussions politiques sur l’allégement ciblé du transport ferroviaire ont mis en évidence l’importance de refléter la structure réelle du transport de marchandises, les différences régionales et les effets potentiels sur les chaînes d’approvisionnement reposant sur le camionnage. Pour être durables, les améliorations devraient consolider le système comme un tout, et éviter de créer de nouvelles distorsions en transférant les coûts ou le trafic.

Dans son rapport de 2025, l’APFC propose une feuille de route pour des politiques efficaces,
Réparer les chaînes d’approvisionnement de transport du Canada : Solutions pour un secteur forestier concurrentiel. La stratégie s’articule autour de trois objectifs interconnectés : l’augmentation de la concurrence et de la redevabilité, la modernisation des infrastructures et des données et une plus grande stabilité de la main-d’œuvre. Il s’agit là des fondements pratiques d’un réseau de transport qui stimule le logement, l’industrie manufacturière et les échanges commerciaux. 

Ce que peuvent faire les gouvernements pour améliorer la chaîne d’approvisionnement 

Les constructions en bois sont dépendantes d’un réseau où chaque étape joue un rôle différent. Les camions relient les forêts, les scieries, les installations de transbordement, les fabricants et les clients, et les trains assurent le transport sur de longues distances de grands volumes qui se déplacent d’une région à l’autre. Un maillon faible peut avoir un effet domino sur le reste de la chaîne. 

Pour cette raison, la politique de transport doit être structurante, et tenir compte de l’ensemble du système et de sa fonctionnalité.Aucune mesure individuelle et aucun ajustement isolé n’améliorera la fonction globale ou la résilience du système. C’est davantage l’effet cumulatif des actions en amont, en aval et à travers la chaîne d’approvisionnement qui auront le résultat escompté. 

En raison de ces conditions, le coût à la livraison et la fiabilité du service jouent un rôle important dans la rentabilité. Les frais de transport ferroviaire et de terminaux représentent peut-être une part importante de la valeur du produit livré, en particulier lorsque le prix des matières premières est bas. L’analyse de l’APFC suggère que le coût du transport ferroviaire représente environ 20 à 25 % de la valeur habituelle des produits à la livraison, soit de 2 à 3 milliards de dollars pour le secteur chaque année. C’est l’équivalent de 15 % du PIB réel annuel de l’industrie forestière, ou de 50 % des dépenses annuelles en capital et en réparations. 

En plus des pressions sur les coûts, la fiabilité est un défi constant à l’intérieur des chaînes d’approvisionnement du secteur du transport au Canada. Les interruptions, la congestion, les pannes d’infrastructure et les conflits de travail peuvent empêcher les scieries de faire des livraisons du jour au lendemain, ce qui prive les acheteurs d’une livraison fiable. Dans de telles circonstances, les clients du secteur de la construction doivent composer avec une augmentation des coûts et des retards, mais aussi avec une plus grande réticence face à l’adoption de systèmes moins connus. La menace constante d’arrêts de travail ferroviaires et portuaires a perturbé les chaînes d’approvisionnement lors de 15 des 16 dernières années. Les conflits de travail qui s’éternisent coûtent des millions chaque semaine aux fabricants, en plus de miner la confiance des clients. Dans le secteur du camionnage, une pénurie jamais vue de camionneurs longue distance représente un véritable casse-tête depuis plusieurs années. RH Camionnage Canadanote que le taux de postes vacants dans l’industrie reste « 1,5 fois plus élevé que la moyenne de l’économie canadienne ».Les méthodes modernes de construction rendent le problème encore plus apparent. La fabrication hors chantier dépend entièrement de la synchronisation du mouvement des matières premières vers les usines, puis des composantes finies vers les projets. Une livraison tardive de bois de construction de dimensions courantes peut perturber la production d’une usine, et un panneau en bois massif ou un élément modulaire livré en retard peut interrompre temporairement une séquence d’installation.  

Le bois d’œuvre et les autres matériaux de construction en bois, comme le contreplaqué et les panneaux de lamelles orientées, parcourent
en moyenne
1 200 kilomètres par
voie terrestre.

Une opportunité pancanadienne enracinée dans les chaînes d’approvisionnement régionale

Au Canada, les produits du bois sont fabriqués un peu partout à travers le pays. Souvent, les usines sont en région et loin des grands marchés de la construction. D’un côté, l’aspect géographique est un avantage. Les forêts canadiennes produisent du bois à croissance lente de grande qualité, dont les propriétés sont réputées partout dans le monde. Le secteur forestier fait vivre des centaines de collectivités grâce aux emplois, aux investissements et à l’activité économique qu’il génère. Cependant, l’immensité de notre pays signifie que le transport doit être bien planifié.

Différents produits empruntent différents chemins. Le bois d’œuvre de dimensions normales et les panneaux peuvent être acheminés des scieries vers les grossistes, les parcs à bois débités, les détaillants, ou directement aux constructeurs. Les produits du bois d’ingénierie, eux, peuvent passer entre les mains de manufacturiers ou de fabricants secondaires. Les éléments en bois massif et les systèmes préfabriqués de murs, planchers ou toitures nécessitent parfois des livraisons minutieusement planifiées dans une séquence exacte correspondant aux calendriers d’installation. Plus la construction gagne en industrialisation, plus la coordination entre les fabricants, les fournisseurs de services logistiques, les équipes de projet et les chantiers est importante. 

L’analyse du Conseil canadien du bois (CCB) a identifié un potentiel de croissance supplémentaire de plus de 500 millions de pieds-planches pour les produits du bois dans les secteurs de la construction résidentielle et non résidentielle, et ce, même sans augmentation des mises en chantier. Ceci représente le bois d’œuvre nécessaire pour construire près de 30000 habitations, ou l’équivalent du parc immobilier d’une ville de taille moyenne. Il y a place pour une augmentation de l’utilisation du bois canadien dans les maisons en rangée, les immeubles de logements de moyenne hauteur, les écoles, les entrepôts et les bâtiments publics standardisés.Cependant, pour que la croissance du marché soit durable, le système de livraison doit être aussi fiable que les systèmes de construction eux-mêmes. 

Ben McArthur, directeur des politiques, Association des produits forestiers du Canada

place aux questions

De la forêt à l’usine à la porte : l’importance de la chaîne d’approvisionnement du bois canadien dans l’accélération de la construction 

Dans l’industrie de la construction, la plupart des discussions sur le bois tournent autour de la conception, la performance, l’accessibilité financière et la séquestration du carbone, mais avant de se retrouver dans la charpente d’une maison, d’une école ou d’un commerce, le bois emprunte une chaîne d’approvisionnement longue et complexe. 

Pour se rendre de la forêt à la scierie d’une région éloignée ou nordique, puis vers un fabricant, un distributeur ou un chantier, le bois voyage par camion, par train et par liaisons intermodales. La fiabilité et l’efficacité de ces systèmes interdépendants influencent le coût des projets, les délais de construction et la confiance envers les systèmes en bois. 

Le lien entre les chaînes d’approvisionnement du secteur des transports et la réalisation des projets est particulièrement important à une époque où le Canada cherche à augmenter l’offre de logements. La construction à ossature légère, le bois massif, les systèmes hybrides, la construction par panneaux, la préfabrication et la livraison modulaire peuvent aider à construire plus rapidement et à moindre coût. Le Canada possède déjà des produits du bois et des systèmes de construction éprouvés capables de soutenir cette croissance. Le défi n’est pas de produire plus de matériaux, mais bien de créer un système intégré de la forêt à l’usine et à la porte, capable d’envoyer le bon produit au bon endroit, au bon moment et à un coût de livraison concurrentiel. 

Le coût, le délai et la certitude

Le bois d’œuvre et les autres matériaux de construction en bois, comme le contreplaqué et les panneaux de lamelles orientées, parcourent en moyenne 1
200 kilomètres par voie terrestre. Environ 90 pour cent des scieries membres de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC) sont desservies par un seul chemin de fer, et il manque d’options pratiques pour les déplacements longue distance. Les camions sont indispensables pour relier le premier et le dernier kilomètre, les livraisons régionales et l’accès aux gares, mais le transport longue distance par camion s’avère rarement une solution avantageuse pour les gros chargements de produits forestiers. Souvent, le transport ferroviaire est essentiel pour couvrir la distance entre la scierie et les principaux marchés canadiens ainsi que les plaques tournantes. 

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Premièrement, la performance de la chaîne d’approvisionnement doit être mesurée à la fois en termes opérationnels et économiques. Oui, le flux de production est important, mais cela ne suffit pas si les produits se déplacent à un coût qui empêche la production canadienne d’être concurrentielle. L’établissement de rapports public devrait offrir une certaine transparence vis-à-vis du service, des coûts et de la performance des corridors. De leur côté, les expéditeurs doivent pouvoir compter sur des recours quand les services ou les pratiques tarifaires sont déraisonnables. 

Deuxièmement, les investissements dans l’infrastructure doivent être accompagnés de résultats mesurables. Le Canada a besoin de corridors commerciaux résilients, mais il a également besoin d’investissements stratégiques dans la capacité de transbordement du « premier et du dernier kilomètre », dans les terminaux intérieurs, dans l’entreposage, dans les technologies de traitement des données, dans les voies terrestres, et dans les projets visant à éliminer les goulots d’étranglement ou à assurer la redondance. Le gouvernement devrait encourager les investissements privés et prioriser les projets qui améliorent la performance du réseau, plutôt que de traiter les annonces de projets d’infrastructure comme une fin en soi. 

Troisièmement, la politique du travail doit encourager le règlement rapide des négociations en cas de conflit de travail à travers des processus crédibles et prévisibles qui réduisent la fréquence et la durée des interruptions de la chaîne d’approvisionnement. En tant que représentante d’une main-d’œuvre fortement syndiquée, l’APFC a un profond respect pour le processus de négociation collective. Cependant, les arrêts de travail continus répétés chez les chemins de fer, aux principaux ports et dans le transport maritime mettent en péril les emplois du secteur de la foresterie, les clients et les collectivités. La stabilité de la main-d’œuvre et la sécurité d’emploi devraient être interdépendantes. 

Les récentes discussions politiques sur l’allégement ciblé du transport ferroviaire ont mis en évidence l’importance de refléter la structure réelle du transport de marchandises, les différences régionales et les effets potentiels sur les chaînes d’approvisionnement reposant sur le camionnage. Pour être durables, les améliorations devraient consolider le système comme un tout, et éviter de créer de nouvelles distorsions en transférant les coûts ou le trafic.

Dans son rapport de 2025, l’APFC propose une feuille de route pour des politiques efficaces,
Réparer les chaînes d’approvisionnement de transport du Canada : Solutions pour un secteur forestier concurrentiel. La stratégie s’articule autour de trois objectifs interconnectés : l’augmentation de la concurrence et de la redevabilité, la modernisation des infrastructures et des données et une plus grande stabilité de la main-d’œuvre. Il s’agit là des fondements pratiques d’un réseau de transport qui stimule le logement, l’industrie manufacturière et les échanges commerciaux. 

Ce que peuvent faire les gouvernements pour améliorer la chaîne d’approvisionnement 

Les constructions en bois sont dépendantes d’un réseau où chaque étape joue un rôle différent. Les camions relient les forêts, les scieries, les installations de transbordement, les fabricants et les clients, et les trains assurent le transport sur de longues distances de grands volumes qui se déplacent d’une région à l’autre. Un maillon faible peut avoir un effet domino sur le reste de la chaîne. 

Pour cette raison, la politique de transport doit être structurante, et tenir compte de l’ensemble du système et de sa fonctionnalité.Aucune mesure individuelle et aucun ajustement isolé n’améliorera la fonction globale ou la résilience du système. C’est davantage l’effet cumulatif des actions en amont, en aval et à travers la chaîne d’approvisionnement qui auront le résultat escompté. 

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Concilier les ambitions en matière de logement
et leur réalisation

Le discours sur les enjeux de logement au Canada porte souvent sur le nombre de mises en chantier, le financement et le processus d’approbations. C’est tout autant un enjeu logistique et industriel. Pour construire davantage en bois, il est important de coordonner les politiques concernant le logement, les achats, la fabrication, la main-d’œuvre, les codes, les approbations et le transport. Certains progrès peuvent être compromis lorsque les autres aspects ne suivent pas le rythme. 

Un marché intérieur plus solide permet d’offrir aux fabricants canadiens une demande plus prévisible et de diversifier un secteur qui reste hautement vulnérable aux conditions du commerce international. Toutefois, la demande intérieure ne remplace pas un accès compétitif aux marchés d’exportation, et elle n’est pas une panacée qui règle les contraintes de la chaîne d’approvisionnement. Le Canada a besoin à la fois d’un accès fiable au marché et d’une plateforme de distribution capable de transformer des systèmes de bois éprouvés en résultats reproductibles en matière de logement. 

Cela peut paraître contre-intuitif, mais une politique des transports qui fonctionne en est une où les chaînes d’approvisionnement de marchandises sont imperceptibles. Si le Canada parvient à résoudre les enjeux majeurs et chroniques décrits dans cet article, les personnes et entreprises qui en profitent au quotidien ne se rendront pas compte de l’existence des réseaux de transport de marchandises qui assurent la livraison du bois d’œuvre, les matériaux de construction et des produits manufacturés. Les matériaux seront livrés dans les délais prévus, les usines et les chantiers resteront productifs, les constructeurs feront davantage confiance aux systèmes de construction en bois canadiens, et les collectivités forestières seront mieux en phase avec les besoins en matière de logement et d’infrastructures d’un pays en pleine croissance. Telle est la promesse d’une approche de la forêt à l’usine à la porte. Ce n’est pas tout de déplacer du bois en plus grande quantité, encore faut-il se doter d’une chaîne d’approvisionnement qui permet au bois canadien de construire plus d’habitations avec une plus grande fiabilité. 

Une opportunité pancanadienne enracinée dans les chaînes d’approvisionnement régionale

Au Canada, les produits du bois sont fabriqués un peu partout à travers le pays. Souvent, les usines sont en région et loin des grands marchés de la construction. D’un côté, l’aspect géographique est un avantage. Les forêts canadiennes produisent du bois à croissance lente de grande qualité, dont les propriétés sont réputées partout dans le monde. Le secteur forestier fait vivre des centaines de collectivités grâce aux emplois, aux investissements et à l’activité économique qu’il génère. Cependant, l’immensité de notre pays signifie que le transport doit être bien planifié.

Différents produits empruntent différents chemins. Le bois d’œuvre de dimensions normales et les panneaux peuvent être acheminés des scieries vers les grossistes, les parcs à bois débités, les détaillants, ou directement aux constructeurs. Les produits du bois d’ingénierie, eux, peuvent passer entre les mains de manufacturiers ou de fabricants secondaires. Les éléments en bois massif et les systèmes préfabriqués de murs, planchers ou toitures nécessitent parfois des livraisons minutieusement planifiées dans une séquence exacte correspondant aux calendriers d’installation. Plus la construction gagne en industrialisation, plus la coordination entre les fabricants, les fournisseurs de services logistiques, les équipes de projet et les chantiers est importante. 

L’analyse du Conseil canadien du bois (CCB) a identifié un potentiel de croissance supplémentaire de plus de 500 millions de pieds-planches pour les produits du bois dans les secteurs de la construction résidentielle et non résidentielle, et ce, même sans augmentation des mises en chantier. Ceci représente le bois d’œuvre nécessaire pour construire près de 30000 habitations, ou l’équivalent du parc immobilier d’une ville de taille moyenne. Il y a place pour une augmentation de l’utilisation du bois canadien dans les maisons en rangée, les immeubles de logements de moyenne hauteur, les écoles, les entrepôts et les bâtiments publics standardisés.Cependant, pour que la croissance du marché soit durable, le système de livraison doit être aussi fiable que les systèmes de construction eux-mêmes. 

Le bois d’œuvre et les autres matériaux de construction en bois, comme le contreplaqué et les panneaux de lamelles orientées, parcourent
en moyenne 1 200 kilomètres par voie terrestre.

En raison de ces conditions, le coût à la livraison et la fiabilité du service jouent un rôle important dans la rentabilité. Les frais de transport ferroviaire et de terminaux représentent peut-être une part importante de la valeur du produit livré, en particulier lorsque le prix des matières premières est bas. L’analyse de l’APFC suggère que le coût du transport ferroviaire représente environ 20 à 25 % de la valeur habituelle des produits à la livraison, soit de 2 à 3 milliards de dollars pour le secteur chaque année. C’est l’équivalent de 15 % du PIB réel annuel de l’industrie forestière, ou de 50 % des dépenses annuelles en capital et en réparations. 

En plus des pressions sur les coûts, la fiabilité est un défi constant à l’intérieur des chaînes d’approvisionnement du secteur du transport au Canada. Les interruptions, la congestion, les pannes d’infrastructure et les conflits de travail peuvent empêcher les scieries de faire des livraisons du jour au lendemain, ce qui prive les acheteurs d’une livraison fiable. Dans de telles circonstances, les clients du secteur de la construction doivent composer avec une augmentation des coûts et des retards, mais aussi avec une plus grande réticence face à l’adoption de systèmes moins connus. La menace constante d’arrêts de travail ferroviaires et portuaires a perturbé les chaînes d’approvisionnement lors de 15 des 16 dernières années. Les conflits de travail qui s’éternisent coûtent des millions chaque semaine aux fabricants, en plus de miner la confiance des clients. Dans le secteur du camionnage, une pénurie jamais vue de camionneurs longue distance représente un véritable casse-tête depuis plusieurs années. RH Camionnage Canadanote que le taux de postes vacants dans l’industrie reste « 1,5 fois plus élevé que la moyenne de l’économie canadienne ».Les méthodes modernes de construction rendent le problème encore plus apparent. La fabrication hors chantier dépend entièrement de la synchronisation du mouvement des matières premières vers les usines, puis des composantes finies vers les projets. Une livraison tardive de bois de construction de dimensions courantes peut perturber la production d’une usine, et un panneau en bois massif ou un élément modulaire livré en retard peut interrompre temporairement une séquence d’installation.