Dès le départ, les propriétaires et les concepteurs du refuge pour femmes Weliankweyasimk savaient que le bois jouerait un rôle central dans la conception du bâtiment. En tant que lieu d’habitation, même temporaire, il était naturel de privilégier des matériaux traditionnels utilisés depuis des siècles pour construire des habitations.
Le bois a fait ses preuves en matière de constructibilité, de durabilité et de rentabilité. Il s’est révélé hautement adaptable aux nouvelles méthodes de construction, notamment aux enveloppes du bâtiment à haute performance. Il s’intègre facilement aux matériaux modernes, tant dans des applications dissimulées que mises en valeur. Son caractère renouvelable et sa durabilité demeurent des atouts fondamentaux. Associées aux liens profonds des peuples autochtones avec la nature, ces considérations ont fait du bois le point de départ naturel du projet.
Le cabinet Jost+ Architects a été mandaté pour concevoir un refuge sécuritaire favorisant la guérison culturelle pour une collectivité autochtone locale, en s’appuyant sur ses valeurs, ses pratiques et ses besoins spécifiques. Deux des principales exigences du projet concernaient la sécurité et le confort des personnes résidentes.
article vedette
Refuge pour femmes Weliankweyasimk :
Une conception en bois adaptée à la culture,
au service de la sécurité et du mieux-être
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Par Heather Sprague
Le cœur du bâtiment est la salle de guérison culturelle, où les poutres en bois lamellé-collé occupent une place centrale dans la conception. La pièce circulaire s’inspire de la symbolique culturelle autochtone et revêt une signification profonde. Compte tenu de son importance dans le processus de guérison, la conception a été définie en étroite collaboration avec le maître d’ouvrage. La salle de guérison culturelle est associée au lien avec le Créateur et le monde naturel, aux cycles de la vie, aux quatre points cardinaux et aux saisons. Pour refléter ces éléments, la pièce adopte une forme circulaire et intègre un puits de lumière central translucide, créant une ouverture vers le ciel. Ce puits de lumière surplombe un autre symbole culturel important intégré au sol : l’étoile à huit branches.
La toiture et la structure entourant le puits de lumière mettent en valeur le système en bois qui le soutient. Des poutres en bois lamellé-collé rayonnent à partir d’un anneau périphérique, traversant les murs de la salle de guérison culturelle vers le corridor et les espaces de vie et de repas, où elles apportent chaleur et continuité. À l’est, ces poutres se prolongent au-delà du mur extérieur pour former une marquise dans la cour adjacente, en écho aux patios couverts. En tant qu’élément central de la conception, les structures en bois du refuge pour femmes Weliankweyasimk relient l’espace de guérison à son environnement, tant sur le plan physique que symbolique, créant un lieu sécuritaire et culturellement adapté pour l’ensemble des personnes résidentes.
BOIS DANS LES DÉTAILS
L’utilisation du bois comme principal matériau structurel a permis d’intégrer ce matériau naturel dans les détails architecturaux. Le bâtiment étant volontairement implanté dans un site isolé et boisé, il était essentiel d’intégrer à l’intérieur le sentiment de calme et de retrait propre à cet environnement. Le platelage en bois apparent des marquises et des patios couverts souligne le lien avec la nature. Les patios couverts, nichés au milieu des arbres, évoquent des vérandas rustiques de chalet. Sous la structure en bois apparente, les personnes résidentes disposent d’un espace sécuritaire pour se détendre, écouter la pluie tomber sur la toiture métallique et sentir la forêt environnante.
Elles offrent également, à proximité immédiate des chambres, un espace où une mère de jeunes enfants peut rester près de ses enfants endormis tout en poursuivant ses activités sans les déranger.
L’accessibilité constitue également un élément fondamental de la sécurité et du confort du refuge. L’accessibilité sans obstacle a été intégrée, dans la mesure du possible, conformément aux normes de certification de la Rick Hansen Foundation. Toutes les chambres sont dimensionnées pour permettre une occupation sans obstacle et sont desservies par une salle de bain accessible partagée avec douche sans seuil. Deux suites comprennent des salles d’eau adaptées aux fauteuils roulants. L’une des deux cuisines ainsi que la buanderie sont également accessibles, avec les dégagements, les appareils et les surfaces de travail appropriés. À l’extérieur, les patios couverts permettent un accès sans obstacle aux espaces verts des cours intérieures.
Avant tout, le refuge est axé sur la guérison; ainsi, le point central du bâtiment est la salle de guérison culturelle. Pour cet aspect du projet, la contribution du maître d’ouvrage a été essentielle afin de refléter fidèlement la culture mi’kmaq dans les finis, la forme et l’atmosphère de l’espace. Cette approche comprenait notamment l’utilisation de matériaux naturels, comme le bois, afin de renforcer le lien avec la nature.
BOIS DANS LA STRUCTURE
Les considérations liées à la durabilité et à l’entretien ont également influencé le choix des matériaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Pour les principaux éléments structuraux, le bois s’est imposé comme une solution déterminante. Le bois a été privilégié pour sa disponibilité locale, les savoirs constructifs traditionnels qu’il incarne et sa valeur comme ressource renouvelable. Les murs extérieurs et les cloisons intérieures sont réalisés en ossature légère en bois, tandis que la toiture inclinée est constituée de fermes de toit préfabriquées en bois, avec une pente de X:12. Dans certains éléments clés de la structure, des poutres en bois lamellé-collé soutiennent et définissent les principaux éléments du bâtiment.
Les murs extérieurs font partie d’une enveloppe du bâtiment robuste, thermiquement performante et étanche à l’air, conformément aux pratiques visant une construction plus durable. Un système de double mur a été mis en œuvre afin d’augmenter l’isolation et d’obtenir une résistance thermique élevée. L’ossature extérieure est composée de montants 2x6 remplis d’isolant en matelas et sert de support structurel à la toiture inclinée. Une couche d’isolant rigide est fixée sur la face intérieure de ces montants afin d’augmenter la résistance thermique de l’ensemble. L’isolant est scellé et jointoyé à toutes les ouvertures afin de servir également de pare-vapeur. À l’intérieur, des murs additionnels en montants 2x4 ont été installés pour former un mur de service, permettant le passage des systèmes électriques et mécaniques sans interrompre le plan du pare-vapeur. Grâce à cette approche, le mur extérieur maintient un niveau d’étanchéité à l’air supérieur à celui des constructions traditionnelles, où le pare-vapeur en polyéthylène est souvent interrompu.
Le cœur du bâtiment comprend une toiture plate avec un platelage à rainure et languette soutenu par des poutres en bois lamellé-collé. Cette structure soutient et met en valeur le puits de lumière surélevé. La structure en bois est laissée apparente à l’intérieur, apportant une chaleur visuelle aux espaces communs, de repas et de guérison culturelle. Les patios couverts présentent également un platelage en bois apparent, offrant à la fois ombrage et protection contre les intempéries. Cette expression structurale se prolonge également au niveau de la marquise d’entrée.
L’anonymat des personnes appelées à utiliser les lieux constituait un élément clé de la sécurité. Cette discrétion a été assurée en implantant le bâtiment à l’arrière du boisé et en organisant les espaces de manière à maximiser l’intimité. Le projet comprend également des espaces pour personnes vulnérables, organisés autour de cours intérieures fermées à l’arrière du bâtiment. Ces cours ont été naturellement formées par la configuration du bâtiment, avec l’ajout de clôtures afin d’accroître la sécurité des personnes résidentes. L’installation est en tout temps sécurisée : les salles de consultation, les aires de jeux pour enfants, les espaces de vie et les chambres sont situés au-delà d’un second point d’accès contrôlé par carte. Un niveau de sécurité supplémentaire a été assuré en positionnant stratégiquement les bureaux administratifs autour de l’entrée principale, offrant une vue dégagée sur le stationnement et les accès visiteurs.
Pour assurer le confort, il était essentiel que le refuge évoque un lieu de vie plutôt qu’un environnement institutionnel. Les finis ont été choisis pour créer une atmosphère chaleureuse, et les chambres sont dotées de salles de bain individuelles. Les salles de douche et de bain, bien que partagées pour des raisons économiques, sont réparties le long des corridors afin d’en faciliter l’accès. Les espaces communs — salon, salle à manger et cuisines — ont été conçus pour offrir confort et intimité, la cuisine comprenant deux aires de préparation avec accès partagé à un grand garde-manger. Les chambres sont dimensionnées pour accueillir une ou plusieurs personnes, selon les besoins. Pour les familles plus nombreuses, la configuration des espaces permet de combiner deux chambres adjacentes. Les ailes de chambres comprennent plusieurs espaces privés appelés « salles de retrait », aménagés le long des corridors pour les devoirs ou les moments de solitude. Ces salles de retrait sont volontairement de dimensions réduites, permettant à une ou deux personnes de s’y installer confortablement, tout en pouvant accueillir un lit d’appoint au besoin.
Dès le départ, les propriétaires et les concepteurs du refuge pour femmes Weliankweyasimk savaient que le bois jouerait un rôle central dans la conception du bâtiment. En tant que lieu d’habitation, même temporaire, il était naturel de privilégier des matériaux traditionnels utilisés depuis des siècles pour construire des habitations.
Le bois a fait ses preuves en matière de constructibilité, de durabilité et de rentabilité. Il s’est révélé hautement adaptable aux nouvelles méthodes de construction, notamment aux enveloppes du bâtiment à haute performance. Il s’intègre facilement aux matériaux modernes, tant dans des applications dissimulées que mises en valeur. Son caractère renouvelable et sa durabilité demeurent des atouts fondamentaux. Associées aux liens profonds des peuples autochtones avec la nature, ces considérations ont fait du bois le point de départ naturel du projet.
Le cabinet Jost+ Architects a été mandaté pour concevoir un refuge sécuritaire favorisant la guérison culturelle pour une collectivité autochtone locale, en s’appuyant sur ses valeurs, ses pratiques et ses besoins spécifiques. Deux des principales exigences du projet concernaient la sécurité et le confort des personnes résidentes.
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Refuge pour femmes Weliankweyasimk :
Une conception en bois adaptée à la culture,
au service de la sécurité et du mieux-être
Par Heather Sprague
Le cœur du bâtiment est la salle de guérison culturelle, où les poutres en bois lamellé-collé occupent une place centrale dans la conception. La pièce circulaire s’inspire de la symbolique culturelle autochtone et revêt une signification profonde. Compte tenu de son importance dans le processus de guérison, la conception a été définie en étroite collaboration avec le maître d’ouvrage. La salle de guérison culturelle est associée au lien avec le Créateur et le monde naturel, aux cycles de la vie, aux quatre points cardinaux et aux saisons. Pour refléter ces éléments, la pièce adopte une forme circulaire et intègre un puits de lumière central translucide, créant une ouverture vers le ciel. Ce puits de lumière surplombe un autre symbole culturel important intégré au sol : l’étoile à huit branches.
La toiture et la structure entourant le puits de lumière mettent en valeur le système en bois qui le soutient. Des poutres en bois lamellé-collé rayonnent à partir d’un anneau périphérique, traversant les murs de la salle de guérison culturelle vers le corridor et les espaces de vie et de repas, où elles apportent chaleur et continuité. À l’est, ces poutres se prolongent au-delà du mur extérieur pour former une marquise dans la cour adjacente, en écho aux patios couverts. En tant qu’élément central de la conception, les structures en bois du refuge pour femmes Weliankweyasimk relient l’espace de guérison à son environnement, tant sur le plan physique que symbolique, créant un lieu sécuritaire et culturellement adapté pour l’ensemble des personnes résidentes.
BOIS DANS LES DÉTAILS
L’utilisation du bois comme principal matériau structurel a permis d’intégrer ce matériau naturel dans les détails architecturaux. Le bâtiment étant volontairement implanté dans un site isolé et boisé, il était essentiel d’intégrer à l’intérieur le sentiment de calme et de retrait propre à cet environnement. Le platelage en bois apparent des marquises et des patios couverts souligne le lien avec la nature. Les patios couverts, nichés au milieu des arbres, évoquent des vérandas rustiques de chalet. Sous la structure en bois apparente, les personnes résidentes disposent d’un espace sécuritaire pour se détendre, écouter la pluie tomber sur la toiture métallique et sentir la forêt environnante.
BOIS DANS LA STRUCTURE
Les considérations liées à la durabilité et à l’entretien ont également influencé le choix des matériaux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Pour les principaux éléments structuraux, le bois s’est imposé comme une solution déterminante. Le bois a été privilégié pour sa disponibilité locale, les savoirs constructifs traditionnels qu’il incarne et sa valeur comme ressource renouvelable. Les murs extérieurs et les cloisons intérieures sont réalisés en ossature légère en bois, tandis que la toiture inclinée est constituée de fermes de toit préfabriquées en bois, avec une pente de X:12. Dans certains éléments clés de la structure, des poutres en bois lamellé-collé soutiennent et définissent les principaux éléments du bâtiment.
Les murs extérieurs font partie d’une enveloppe du bâtiment robuste, thermiquement performante et étanche à l’air, conformément aux pratiques visant une construction plus durable. Un système de double mur a été mis en œuvre afin d’augmenter l’isolation et d’obtenir une résistance thermique élevée. L’ossature extérieure est composée de montants 2x6 remplis d’isolant en matelas et sert de support structurel à la toiture inclinée. Une couche d’isolant rigide est fixée sur la face intérieure de ces montants afin d’augmenter la résistance thermique de l’ensemble. L’isolant est scellé et jointoyé à toutes les ouvertures afin de servir également de pare-vapeur. À l’intérieur, des murs additionnels en montants 2x4 ont été installés pour former un mur de service, permettant le passage des systèmes électriques et mécaniques sans interrompre le plan du pare-vapeur. Grâce à cette approche, le mur extérieur maintient un niveau d’étanchéité à l’air supérieur à celui des constructions traditionnelles, où le pare-vapeur en polyéthylène est souvent interrompu.
Le cœur du bâtiment comprend une toiture plate avec un platelage à rainure et languette soutenu par des poutres en bois lamellé-collé. Cette structure soutient et met en valeur le puits de lumière surélevé. La structure en bois est laissée apparente à l’intérieur, apportant une chaleur visuelle aux espaces communs, de repas et de guérison culturelle. Les patios couverts présentent également un platelage en bois apparent, offrant à la fois ombrage et protection contre les intempéries. Cette expression structurale se prolonge également au niveau de la marquise d’entrée.
Elles offrent également, à proximité immédiate des chambres, un espace où une mère de jeunes enfants peut rester près de ses enfants endormis tout en poursuivant ses activités sans les déranger.
L’accessibilité constitue également un élément fondamental de la sécurité et du confort du refuge. L’accessibilité sans obstacle a été intégrée, dans la mesure du possible, conformément aux normes de certification de la Rick Hansen Foundation. Toutes les chambres sont dimensionnées pour permettre une occupation sans obstacle et sont desservies par une salle de bain accessible partagée avec douche sans seuil. Deux suites comprennent des salles d’eau adaptées aux fauteuils roulants. L’une des deux cuisines ainsi que la buanderie sont également accessibles, avec les dégagements, les appareils et les surfaces de travail appropriés. À l’extérieur, les patios couverts permettent un accès sans obstacle aux espaces verts des cours intérieures.
Avant tout, le refuge est axé sur la guérison; ainsi, le point central du bâtiment est la salle de guérison culturelle. Pour cet aspect du projet, la contribution du maître d’ouvrage a été essentielle afin de refléter fidèlement la culture mi’kmaq dans les finis, la forme et l’atmosphère de l’espace. Cette approche comprenait notamment l’utilisation de matériaux naturels, comme le bois, afin de renforcer le lien avec la nature.
L’anonymat des personnes appelées à utiliser les lieux constituait un élément clé de la sécurité. Cette discrétion a été assurée en implantant le bâtiment à l’arrière du boisé et en organisant les espaces de manière à maximiser l’intimité. Le projet comprend également des espaces pour personnes vulnérables, organisés autour de cours intérieures fermées à l’arrière du bâtiment. Ces cours ont été naturellement formées par la configuration du bâtiment, avec l’ajout de clôtures afin d’accroître la sécurité des personnes résidentes. L’installation est en tout temps sécurisée : les salles de consultation, les aires de jeux pour enfants, les espaces de vie et les chambres sont situés au-delà d’un second point d’accès contrôlé par carte. Un niveau de sécurité supplémentaire a été assuré en positionnant stratégiquement les bureaux administratifs autour de l’entrée principale, offrant une vue dégagée sur le stationnement et les accès visiteurs.
Pour assurer le confort, il était essentiel que le refuge évoque un lieu de vie plutôt qu’un environnement institutionnel. Les finis ont été choisis pour créer une atmosphère chaleureuse, et les chambres sont dotées de salles de bain individuelles. Les salles de douche et de bain, bien que partagées pour des raisons économiques, sont réparties le long des corridors afin d’en faciliter l’accès. Les espaces communs — salon, salle à manger et cuisines — ont été conçus pour offrir confort et intimité, la cuisine comprenant deux aires de préparation avec accès partagé à un grand garde-manger. Les chambres sont dimensionnées pour accueillir une ou plusieurs personnes, selon les besoins. Pour les familles plus nombreuses, la configuration des espaces permet de combiner deux chambres adjacentes. Les ailes de chambres comprennent plusieurs espaces privés appelés « salles de retrait », aménagés le long des corridors pour les devoirs ou les moments de solitude. Ces salles de retrait sont volontairement de dimensions réduites, permettant à une ou deux personnes de s’y installer confortablement, tout en pouvant accueillir un lit d’appoint au besoin.