Le volume rectangulaire de Mi’kma’ki Place — un immeuble de bureaux de cinq étages situé au centre-ville de Sydney, en Nouvelle-Écosse — peut sembler sobre au premier regard. Mais une fois à l’intérieur, le bâtiment révèle un véritable joyau de bois massif apparent, soutenu par une conception écoresponsable.
Mi’kma’ki Place constitue une première à bien des égards. Il s’agit du premier bâtiment en bois massif de cette envergure dans le Canada atlantique, une réalisation marquante tant pour la Première Nation de Membertou que pour son architecte interne, Gerry Lalonde.
Lalonde, gestionnaire de projet depuis 10 ans à la division corporative de Membertou, explique qu’au sein de la communauté de la Première Nation, une politique non écrite veut que les nouveaux bâtiments soient aussi durables que possible, dans les limites des capacités financières.
« L’écart de coût entre une construction en béton armé et une construction en bois était si faible que Membertou a décidé de relever le défi de réaliser son premier bâtiment en bois massif », explique Lalonde.
Le projet constituait également une première pour DORA Construction, l’entrepreneur néo-écossais qui a remporté le contrat de conception-construction, ainsi que pour Stephen Cantwell, gestionnaire de projet chez DORA.
Cantwell précise que sa formation en ingénierie porte principalement sur les structures en acier, notamment après avoir travaillé cinq ans chez un fabricant d’acier. Selon lui, le passage au bois massif n’a pas été difficile, mais il a exigé des façons de faire différentes, tant avant que pendant la construction.
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Mission Mi’kma’ki :
La Première Nation de Membertou voit grand avec un immeuble en bois massif de cinq étages au Cap-Breton
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Mi’kma’ki Place – a five-storey, 90,000 square-foot structure – was erected in just 16 weeks. Photo: Dora Construction.
A striking organe-coloured phenolic resin with a subtle wood grain design completes the exterior of Mi’kma’ki Place, a five-storey mass timber office building in downtown Sydney, N.S. Photo courtesy Margaret Jourdan Studios, margaretjourdanstudios@gmail.com.
A striking orange-coloured phenolic resin with a subtle wood grain design completes the exterior of Mi’kma’ki Place, a five-storey mass timber office building in downtown Sydney, N.S. Photo courtesy Margaret Jourdan Studios, margaretjourdanstudios@gmail.com.
Quebec-based mass timber manufacturer Nordic Structures supplied the glulam and cross-laminated timber for Mi’kma’ki Place and were a vital resource for the builders. Photo: Dora Construction.
Quebec-based mass timber manufacturer Nordic Structures supplied the glulam and cross-laminated timber for Mi’kma’ki Place and were a vital resource for the builders. Photo: Dora Construction.
Each of the five storeys began with a CLT panel. Columns in a grid pattern support girders, followed by purlins sitting at 90 degrees. A CLT panel completes the level, acting as both ceiling and floor for the next level. Photo: Dora Construction.
Quebec-based mass timber manufacturer Nordic Structures supplied the glulam and cross-laminated timber for Mi’kma’ki Place and were a vital resource for the builders. Photo: Dora Construction.
Respect de l’échéancier
La rapidité d’exécution est l’un des principaux atouts du bois massif, et Mi’kma’ki Place n’y fait pas exception. La structure de cinq étages a été érigée en seulement 16 semaines.
Fait remarquable, les travaux se sont déroulés en plein cœur de l’hiver et ont été marqués par des chutes de neige record dans la province, que les gens d’ici appellent le « Snowmageddon ». Sydney a reçu plus de 150 centimètres de neige en trois jours.
Malgré tous ses efforts, Dame Nature n’a pas empêché les équipes de mener le chantier à terme.
« Nous aurions probablement eu au moins une semaine d’avance, sinon davantage, s’il n’y avait pas eu le Snowmageddon en février. Les travaux ont été interrompus pendant environ une semaine. C’était très impressionnant de voir [la construction] se réaliser tout en respectant l’échéancier », dit Cantwell.
Si l’on examine de plus près la séquence et l’échéancier, les fondations en béton du bâtiment ont été coulées à l’été 2023, puis des murs extérieurs en béton munis de bases et de pilastres pour les boulons d’ancrage ont été érigés.
La structure en bois massif a été érigée en décembre de la même année. Des colonnes en bois lamellé-collé de 18 po × 18 po, chacune munie d’une plaque de base en acier, ont été fixées aux boulons d’ancrage selon une trame quadrillée. Des poutres principales de 14 po × 24 po ont ensuite été fixées aux colonnes, puis des pannes de 8 po × 20 po ont été installées au-dessus, perpendiculairement. Chaque étage est recouvert d’un plancher en CLT de 3 ½ po, assemblé à partir de panneaux, qui fait office à la fois de plafond pour l’étage inférieur et de plancher pour l’étage supérieur.
Les murs extérieurs ont été montés sensiblement en même temps que chaque étage afin de fermer l’enveloppe du bâtiment et de protéger le bois massif exposé, explique Cantwell. La pose des panneaux de toit en CLT, recouverts d’une membrane de bitume modifié, a permis de compléter la structure en bois massif du bâtiment dans les délais prévus, en mars 2024.
« C’était vraiment quelque chose à voir », dit Lalonde à propos du processus de construction. « L’ensemble s’assemblait avec la simplicité d’un jeu de blocs de construction. »
L’extérieur présente des parapets courbes en bois lamellé-collé usiné par commande numérique qui enveloppent le deuxième étage et forment un débord. Il s’agit d’un élément architectural unique en bois massif, conçu et installé avec soin, selon Cantwell, et les résultats en valent la peine.
Le bâtiment achevé se distingue par sa présence saisissante. Les murs extérieurs sont revêtus d’un système d’écran pare-pluie en acier, avec une finition en résine phénolique de couleur orange éclatant. Une subtile texture de grain de bois fait écho à l’intérieur en bois massif.
Mise en service
Membertou prévoit tenir l’inauguration officielle du bâtiment dans les prochains mois.
Lalonde indique que, en tant qu’architecte communautaire, les commentaires positifs reçus sont très gratifiants. Il s’agit du plus grand bâtiment sur lequel il a travaillé, et le dernier avant sa retraite prévue dans les prochaines semaines.
Le choix du bois massif ne constituait pas un risque en soi, explique Lalonde, mais il comportait de nombreuses incertitudes. Avec le recul : « Il n’y a eu absolument aucun inconvénient », dit-il.
Au-delà de son coût concurrentiel, le bois massif présente des avantages intangibles, notamment la beauté du bois apparent. Selon Lalonde, ses recherches montrent que les environnements de bureau en bois peuvent réduire l’absentéisme et améliorer les résultats du personnel.
« Je n’hésiterais pas à parler de conception biophile », dit Lalonde. « C’est un mot courant aujourd’hui. Ce n’était pas le cas auparavant, mais il s’impose désormais dans le langage courant de la construction. »
La conception écoresponsable du bâtiment allait au-delà de l’utilisation de matériaux en bois qui stockent le carbone; elle englobait également des fenêtres écoénergétiques et des systèmes CVCA performants. Une thermopompe installée au rez-de-chaussée chauffe et refroidit du glycol, ensuite acheminé dans tout le bâtiment vers des ventilo-convecteurs qui le transforment en air pulsé.
Ni Membertou ni DORA n’en ont terminé avec le bois massif. Tout près de Mi’kma’ki Place, les partenaires travaillent à un projet de bande commerciale qui utilisera des panneaux de CLT comme éléments de toiture.
« Je pense que Membertou est une communauté et un organisme qui aiment être à l’avant-garde », explique Lalonde. « C’est grâce à la vision du chef Terry Paul. C’est lui qui a été prêt à prendre ce risque. »
Quant à l’avenir du bois massif dans la province, Cantwell note un intérêt grandissant de la clientèle pour la durabilité et les produits fabriqués au Canada. Le bois massif répond à ces deux attentes.
« Chaque parcelle de ce bois vient du Québec — principalement de l’épinette noire — : il est cultivé, transformé et assemblé au Canada. « C’est considérable », conclut-il.
Travailler avec le bois massif
Le recours à une nouvelle méthode de construction et à un nouveau matériau s’est naturellement accompagné d’enseignements pour Cantwell comme pour Lalonde.
La résistance au feu était une priorité pour Lalonde. Dans un bâtiment de plusieurs étages, les planchers doivent offrir une séparation coupe-feu d’une heure. Pour conférer une résistance au feu à des structures en acier, il faut les encapsuler dans des plaques de plâtre ou les recouvrir d’un enduit ignifuge.
« [Le revêtement projeté] est très salissant; je l’ai déjà fait, et je me suis juré de ne jamais recommencer », raconte Lalonde en riant.
Il a été démontré que des composants en bois massif comme le CLT surpassent les exigences en matière de résistance au feu. En cas d’incendie, le bois dense forme en surface une couche carbonisée qui ralentit la combustion. Imaginez une bûche dans le feu : il peut falloir des heures pour qu’elle se consume complètement, lentement.
Les performances acoustiques ont, elles aussi, particulièrement retenu l’attention de Cantwell. Dans un bâtiment typique, on retrouverait des plafonds suspendus intégrant des panneaux acoustiques. Le fait de laisser les plafonds en bois massif apparents élimine cette possibilité et limite les moyens d’atténuer le bruit entre les niveaux.
Au départ, la conception prévoyait une dalle de béton coulée sur chaque plancher, mais cette solution ne permettait pas d’atteindre les performances acoustiques requises. L’équipe a donc revu son approche et opté pour un système de plancher en caoutchouc de Pliteq. Le système combine des couches de caoutchouc et de gypse, assemblées sous forme de dalles sur le plancher.
« Nous avons poussé un soupir de soulagement. Le rendement est excellent », affirme Cantwell. « Vous pouvez travailler à un étage inférieur pendant qu’une équipe intervient à l’étage au-dessus — pour de la tuyauterie ou autre — sans que le moindre bruit ne se fasse entendre. »
Les deux gestionnaires de projet ont souligné la courbe d’apprentissage associée à l’utilisation du bois massif, à la fois comme composant structurel et comme produit fini. Pendant la construction, il a fallu prendre davantage de précautions qu’avec des structures en acier ou en béton, qui sont ensuite recouvertes par d’autres matériaux.
« Dès le début du montage de la structure, on garde en tête qu’il faut fermer le bâtiment rapidement afin de protéger le bois massif exposé », explique Cantwell.
Par ailleurs, Cantwell et Lalonde soulignent que le bois est, par nature, un matériau résilient qui se répare facilement à l’aide d’outils simples.
« C’est un matériau naturel; il présente donc déjà des motifs aléatoires, de petits nœuds ou de légères imperfections qui masquent facilement les défauts », dit Lalonde.
Toutes les parties se sont appuyées sur l’expertise du fabricant québécois Nordic Structures, spécialisé en bois massif, indique Cantwell, qui a fourni le bois lamellé-collé et le bois lamellé-croisé (CLT) pour cette structure de 90 000 pieds carrés.
Dès les premières étapes de conception, une communication solide et constante s’est révélée essentielle pour assurer le bon déroulement et l’efficacité du chantier.
« Dès le premier jour, tous les intervenants étaient impliqués dans le processus de conception », affirme Cantwell. « Membertou, notre équipe, nos consultants et nos sous-traitants se réunissaient pour passer en revue le processus. Cette approche présente de nombreux avantages indéniables. Fondée sur la transparence, elle permet d’aborder immédiatement tout défi, plutôt que de multiplier les allers-retours entre les parties pour trouver des solutions. »
The rectangular box that is Mi’kma’ki Place – a five-storey office building in downtown Sydney, N.S. – might appear plain at first glance. But step inside and the box reveals a jewel of exposed mass timber and environmentally conscious design.
Mi’kma’ki Place is a first for many. It’s the first mass timber build of its size for Atlantic Canada, and the first mass timber project for owner Membertou First Nation as well as Membertou’s in-house architect Gerry Lalonde.
Lalonde is a 10-year project manager for Membertou Corporate Division and says it's an unwritten policy for the First Nation community that new buildings are as sustainable as possible within their financial constraints.
“The cost difference between building in reinforced concrete and wood was so small that Membertou decided to take on the challenge of doing the first mass timber building,” Lalonde explains.
The project was also a first for DORA Construction, the Nova Scotia contractor that won the design build bid, and for DORA’s project manager Stephen Cantwell.
Cantwell’s engineering background is primarily in structural steel, including five years working with a steel fabricator. Making the switch to mass timber was not difficult, he says, but required different processes both before and during construction.
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Mission
Mi’kma’ki : La Première Nation de Membertou voit grand avec un immeuble en bois massif de cinq étages au Cap-Breton
A striking orange-coloured phenolic resin with a subtle wood grain design completes the exterior of Mi’kma’ki Place, a five-storey mass timber office building in downtown Sydney, N.S. Photo courtesy Margaret Jourdan Studios, margaretjourdanstudios@gmail.com.
Each of the five storeys began with a CLT panel. Columns in a grid pattern support girders, followed by purlins sitting at 90 degrees. A CLT panel completes the level, acting as both ceiling and floor for the next level. Photo: Dora Construction.
Quebec-based mass timber manufacturer Nordic Structures supplied the glulam and cross-laminated timber for Mi’kma’ki Place and were a vital resource for the builders. Photo: Dora Construction.
Travailler avec le bois massif
Le recours à une nouvelle méthode de construction et à un nouveau matériau s’est naturellement accompagné d’enseignements pour Cantwell comme pour Lalonde.
La résistance au feu était une priorité pour Lalonde. Dans un bâtiment de plusieurs étages, les planchers doivent offrir une séparation coupe-feu d’une heure. Pour conférer une résistance au feu à des structures en acier, il faut les encapsuler dans des plaques de plâtre ou les recouvrir d’un enduit ignifuge.
« [Le revêtement projeté] est très salissant; je l’ai déjà fait, et je me suis juré de ne jamais recommencer », raconte Lalonde en riant.
Il a été démontré que des composants en bois massif comme le CLT surpassent les exigences en matière de résistance au feu. En cas d’incendie, le bois dense forme en surface une couche carbonisée qui ralentit la combustion. Imaginez une bûche dans le feu : il peut falloir des heures pour qu’elle se consume complètement, lentement.
Les performances acoustiques ont, elles aussi, particulièrement retenu l’attention de Cantwell. Dans un bâtiment typique, on retrouverait des plafonds suspendus intégrant des panneaux acoustiques. Le fait de laisser les plafonds en bois massif apparents élimine cette possibilité et limite les moyens d’atténuer le bruit entre les niveaux.
Au départ, la conception prévoyait une dalle de béton coulée sur chaque plancher, mais cette solution ne permettait pas d’atteindre les performances acoustiques requises. L’équipe a donc revu son approche et opté pour un système de plancher en caoutchouc de Pliteq. Le système combine des couches de caoutchouc et de gypse, assemblées sous forme de dalles sur le plancher.
« Nous avons poussé un soupir de soulagement. Le rendement est excellent », affirme Cantwell. « Vous pouvez travailler à un étage inférieur pendant qu’une équipe intervient à l’étage au-dessus — pour de la tuyauterie ou autre — sans que le moindre bruit ne se fasse entendre. »
Les deux gestionnaires de projet ont souligné la courbe d’apprentissage associée à l’utilisation du bois massif, à la fois comme composant structurel et comme produit fini. Pendant la construction, il a fallu prendre davantage de précautions qu’avec des structures en acier ou en béton, qui sont ensuite recouvertes par d’autres matériaux.
« Dès le début du montage de la structure, on garde en tête qu’il faut fermer le bâtiment rapidement afin de protéger le bois massif exposé », explique Cantwell.
Par ailleurs, Cantwell et Lalonde soulignent que le bois est, par nature, un matériau résilient qui se répare facilement à l’aide d’outils simples.
« C’est un matériau naturel; il présente donc déjà des motifs aléatoires, de petits nœuds ou de légères imperfections qui masquent facilement les défauts », dit Lalonde.
Mi’kma’ki Place – a five-storey, 90,000 square-foot structure – was erected in just 16 weeks. Photo: Dora Construction.
Mise en service
Membertou prévoit tenir l’inauguration officielle du bâtiment dans les prochains mois.
Lalonde indique que, en tant qu’architecte communautaire, les commentaires positifs reçus sont très gratifiants. Il s’agit du plus grand bâtiment sur lequel il a travaillé, et le dernier avant sa retraite prévue dans les prochaines semaines.
Le choix du bois massif ne constituait pas un risque en soi, explique Lalonde, mais il comportait de nombreuses incertitudes. Avec le recul : « Il n’y a eu absolument aucun inconvénient », dit-il.
Au-delà de son coût concurrentiel, le bois massif présente des avantages intangibles, notamment la beauté du bois apparent. Selon Lalonde, ses recherches montrent que les environnements de bureau en bois peuvent réduire l’absentéisme et améliorer les résultats du personnel.
« Je n’hésiterais pas à parler de conception biophile », dit Lalonde. « C’est un mot courant aujourd’hui. Ce n’était pas le cas auparavant, mais il s’impose désormais dans le langage courant de la construction. »
La conception écoresponsable du bâtiment allait au-delà de l’utilisation de matériaux en bois qui stockent le carbone; elle englobait également des fenêtres écoénergétiques et des systèmes CVCA performants. Une thermopompe installée au rez-de-chaussée chauffe et refroidit du glycol, ensuite acheminé dans tout le bâtiment vers des ventilo-convecteurs qui le transforment en air pulsé.
Ni Membertou ni DORA n’en ont terminé avec le bois massif. Tout près de Mi’kma’ki Place, les partenaires travaillent à un projet de bande commerciale qui utilisera des panneaux de CLT comme éléments de toiture.
« Je pense que Membertou est une communauté et un organisme qui aiment être à l’avant-garde », explique Lalonde. « C’est grâce à la vision du chef Terry Paul. C’est lui qui a été prêt à prendre ce risque. »
Quant à l’avenir du bois massif dans la province, Cantwell note un intérêt grandissant de la clientèle pour la durabilité et les produits fabriqués au Canada. Le bois massif répond à ces deux attentes.
« Chaque parcelle de ce bois vient du Québec — principalement de l’épinette noire — : il est cultivé, transformé et assemblé au Canada. « C’est considérable », conclut-il.
Quebec-based mass timber manufacturer Nordic Structures supplied the glulam and cross-laminated timber for Mi’kma’ki Place and were a vital resource for the builders. Photo: Dora Construction.
Quebec-based mass timber manufacturer Nordic Structures supplied the glulam and cross-laminated timber for Mi’kma’ki Place and were a vital resource for the builders. Photo: Dora Construction.
Respect de l’échéancier
La rapidité d’exécution est l’un des principaux atouts du bois massif, et Mi’kma’ki Place n’y fait pas exception. La structure de cinq étages a été érigée en seulement 16 semaines.
Fait remarquable, les travaux se sont déroulés en plein cœur de l’hiver et ont été marqués par des chutes de neige record dans la province, que les gens d’ici appellent le « Snowmageddon ». Sydney a reçu plus de 150 centimètres de neige en trois jours.
Malgré tous ses efforts, Dame Nature n’a pas empêché les équipes de mener le chantier à terme.
« Nous aurions probablement eu au moins une semaine d’avance, sinon davantage, s’il n’y avait pas eu le Snowmageddon en février. Les travaux ont été interrompus pendant environ une semaine. C’était très impressionnant de voir [la construction] se réaliser tout en respectant l’échéancier », dit Cantwell.
Si l’on examine de plus près la séquence et l’échéancier, les fondations en béton du bâtiment ont été coulées à l’été 2023, puis des murs extérieurs en béton munis de bases et de pilastres pour les boulons d’ancrage ont été érigés.
La structure en bois massif a été érigée en décembre de la même année. Des colonnes en bois lamellé-collé de 18 po × 18 po, chacune munie d’une plaque de base en acier, ont été fixées aux boulons d’ancrage selon une trame quadrillée. Des poutres principales de 14 po × 24 po ont ensuite été fixées aux colonnes, puis des pannes de 8 po × 20 po ont été installées au-dessus, perpendiculairement. Chaque étage est recouvert d’un plancher en CLT de 3 ½ po, assemblé à partir de panneaux, qui fait office à la fois de plafond pour l’étage inférieur et de plancher pour l’étage supérieur.
Les murs extérieurs ont été montés sensiblement en même temps que chaque étage afin de fermer l’enveloppe du bâtiment et de protéger le bois massif exposé, explique Cantwell. La pose des panneaux de toit en CLT, recouverts d’une membrane de bitume modifié, a permis de compléter la structure en bois massif du bâtiment dans les délais prévus, en mars 2024.
« C’était vraiment quelque chose à voir », dit Lalonde à propos du processus de construction. « L’ensemble s’assemblait avec la simplicité d’un jeu de blocs de construction. »
L’extérieur présente des parapets courbes en bois lamellé-collé usiné par commande numérique qui enveloppent le deuxième étage et forment un débord. Il s’agit d’un élément architectural unique en bois massif, conçu et installé avec soin, selon Cantwell, et les résultats en valent la peine.
Le bâtiment achevé se distingue par sa présence saisissante. Les murs extérieurs sont revêtus d’un système d’écran pare-pluie en acier, avec une finition en résine phénolique de couleur orange éclatant. Une subtile texture de grain de bois fait écho à l’intérieur en bois massif.
Toutes les parties se sont appuyées sur l’expertise du fabricant québécois Nordic Structures, spécialisé en bois massif, indique Cantwell, qui a fourni le bois lamellé-collé et le bois lamellé-croisé (CLT) pour cette structure de 90 000 pieds carrés.
Dès les premières étapes de conception, une communication solide et constante s’est révélée essentielle pour assurer le bon déroulement et l’efficacité du chantier.
« Dès le premier jour, tous les intervenants étaient impliqués dans le processus de conception », affirme Cantwell. « Membertou, notre équipe, nos consultants et nos sous-traitants se réunissaient pour passer en revue le processus. Cette approche présente de nombreux avantages indéniables. Fondée sur la transparence, elle permet d’aborder immédiatement tout défi, plutôt que de multiplier les allers-retours entre les parties pour trouver des solutions. »