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Les humains bâtissent en bois depuis les premières formes d’abris primitifs. Contrairement à la pierre, c’est un matériau facile à travailler et qui peut être assemblé par une seule personne ou par un petit groupe. Bien qu’il n’ait pas été utilisé pour construire des monuments d’architecture, il n’exige pas un travail de plusieurs décennies par une vaste main-d’œuvre. Rapides et à faciles à construire, les bâtiments en bois ont démontré leur durabilité et leur résilience tout en offrant un charme et une beauté naturelle. Des premiers établissements européens aux maisons et appartements modernes canadiens, le bois occupe une place de choix. Plus récemment, nous avons été témoins de l’introduction des bâtiments en bois massif qui misent sur une variété de produits du bois d’ingénierie. On prédit que la construction écoresponsable misera de plus en plus sur les matériaux biosourcés, et les attentes et la destinée de notre pays resteront intimement liées à celles de ses forêts et du bois qu’elle produit.

La construction « verte » dans le respect de l’environnement progresse, mais l’architecture traditionnelle du 21e siècle carboneutre en est encore à l’état embryonnaire. Si notre objectif est d’imaginer des recettes fiables et robustes pour la construction des bâtiments qui nous entourent (appartements, magasins, écoles et bureaux), nous avons intérêt à nous inspirer de la résilience et la polyvalence des entrepôts et usines qui bordent les rues des anciens quartiers industriels du Canada.

Un immeuble historique en bois en hauteur à Toronto

Située au 197-205 Spadina Avenue à Toronto en Ontario, la manufacture de vêtements Empire a été construite en 1923 selon les plans de l’architecte Benjamin Brown. Après plus d’un siècle d’usage commercial dans le Garment District, le bâtiment en bois et en brique héberge aujourd’hui des entreprises et des bureaux. Son ambiance chaleureuse, son abondante luminosité naturelle et la belle vue qu’offrent ses quatre façades assurent des loyers concurrentiels aux propriétaires de l’immeuble à usage locatif. (Source : Historical Tall-Wood Toronto par Ross Beardsley Wood, 2024.)

Le document Historical Tall-Wood Toronto constitue une base de données structurante sur les immeubles traditionnels en bois et en brique de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle construits en suivant les normes ignifuges et les méthodes de construction en bois massif à Toronto au Canada. Il est important de noter que c’est une typologie de bâtiment courante dans plusieurs régions du Canada et des États-Unis et que ce sont des immeubles qui ont perduré dans le temps.

Up-angled photo of a forest
Up-angled photo of a forest

Au tournant du vingtième siècle, la construction en bois massif s’est standardisée et les architectes, les ingénieurs et les ouvriers du bâtiment ont pu avoir facilement accès à de l’orientation technique. Ce bulletin d’ingénierie datant de 1916 est un bon exemple de transfert de connaissances par l’industrie américaine du bois d’œuvre, qui vantait alors les mérites de ce type de construction pour les usines, les manufactures et les bâtiments institutionnels. Elle a évolué jusqu’à devenir une forme raffinée d’architecture traditionnelle qui conserve un caractère distinctif facilement reconnaissable en tant que symbole de l’industrialisation de la société nord-américaine.

La construction en bois massif

De la même façon que la construction des maisons en charpenterie légère en bois a évolué jusqu’à devenir le modèle en termes de code et de norme, la construction en bois et en brique a pavé la voie à l’avenir des bâtiments en bois massif. De la même manière, une série de directives de conception stéréotypées pour les archétypes courants éliminerait le besoin de produire des variantes dans un but de conformité au code. Les innovations parallèles dans les enveloppes modulaires préfabriquées permettraient une accélération de l’installation, puis l’entretien subséquent, la modernisation et le possible remplacement pendant le cycle de vie du bâtiment. L’avenir de l’architecture écoresponsable passe par le développement d’un design économique, efficace, résilient et faible en carbone pendant l’ensemble du cycle de vie. Les vieux immeubles en bois et en brique ont déjà fait tout le travail de développement d’un cadre contemporain de durabilité pour les constructions en bois.

La publication sur les bâtiments de bois de Toronto catalogue une cohorte encore debout aujourd’hui, et qui, d’une certaine manière, a surpassé la performance de la grande majorité de l’architecture du vingtième et du vingt-et-unième siècle. C’est un exploit qui peut être apprécié seulement en prenant la mesure du temps passé et en tenant compte du cycle de vie des immeubles. En somme, les bâtiments industriels en bois et en brique ont encore beaucoup à nous apprendre.

Le terme « construction en bois massif » réfère à un type de construction où la charpente intérieure et les planchers sont en bois et sont disposés en masses solides avec des surfaces plates de façon à exposer le moins possible d’angles et de coins. Ceci permettait aussi d’éviter les espaces cachés que les flammes pourraient atteindre facilement en cas d’incendie. La taille des poutres et des colonnes en bois massif est pensée pour conserver une résistance suffisante après l’exposition au feu. L’expérience a également démontré que celles-ci sont plus sécuritaires pour l’évacuation des occupants et des pompiers. Traditionnellement, ce type de bâtiment misait sur des murs extérieurs porteurs en maçonnerie avec des fenêtres percées à intervalle régulier pour une enveloppe durable avec une durée de vie utile qui dépasse souvent le siècle.

L’objectif initial de cette typologie était de répondre aux besoins de la révolution industrielle avant l’avènement de l’électricité. C’est donc pour cette raison que les mesures naturelles de luminosité et de ventilation naturelle étaient privilégiées. Contrairement aux bâtiments spécialisés qui se construisent aujourd’hui pour les bureaux, les commerces et les usines, ceux d’antan étaient polyvalents. Ils pouvaient héberger à la fois des manufactures, des commerces et des bureaux pour une variété d’activités sous un même toit. Depuis, beaucoup ont été convertis en lofts et en bureaux haut de gamme sans nécessité d’altération majeure autres que la subdivision des espaces, le remplacement des fenêtres, la restauration des surfaces en bois, et la mise à niveau des systèmes mécaniques et électriques et de la plomberie. Les bâtiments en bois et en brique nous ont enseigné que l’architecture durable est assise sur trois piliers : une longue vie (durabilité, résilience), un usage sous-spécialisé (adaptabilité, flexibilité et polyvalence) et un faible impact (émissions, empreinte écologique). Les bâtiments en bois en hauteur de Toronto, ainsi que ceux des autres régions du Canada et des États-Unis, sont le testament bien vivant d’une approche qui a fait ses preuves. Certains projets plus récents ont largement reproduit cette typologie en raison de la demande pour les bâtiments de ce genre. Le public les préfère en effet aux constructions conventionnelles plus modernes.

Certaines des caractéristiques propres aux constructions en bois massif méritent qu’on les reproduise dans les constructions contemporaines. Pourquoi faire différent quand on peut faire bien? Dans sa volonté d’amélioration, l’innovation n’a pas besoin d’éliminer les stratégies de conception et les techniques de construction qui ont fait leurs preuves. À cet égard, un examen approfondi révèle un ADN qui peut servir de point de référence pour les conceptions d’aujourd’hui. Parmi les éléments de référence, il y a :

  • Un plan d’étage et un quadrillage de structure régulier et rectiligne qui sont simples et économiques à construire

  • Une structure à poteaux et à poutres avec des travées longues et nettes qui permettent de partitionner l’intérieur de différentes façons

  • Des fenêtres découpées qui forment des segments verticaux de maçonnerie extérieure non combustible et des murs mitoyens résistants au feu pour assurer la séparation des unités adjacentes en cas d’incendie

  • Une disposition régulière de la fenestration avec de grandes ouvertures qui favorisent la ventilation naturelle, la luminosité naturelle et un accès équitable à la vue

  • Une hauteur généreuse entre les étages qui peut accommoder la suspension des systèmes mécaniques, électriques et de plomberie

  • Des moyens répétés d’accès et de sortie verticaux qui respectent les critères de sécurité incendie pour différents usages et occupations

  • Des murs de maçonnerie intérieurs robustes et qui nécessitent peu d’entretien et qui peuvent recevoir une variété de finis, l’ajout d’isolation thermique et l’intégration de services

  • Un rez-de-chaussée suffisamment surélevé pour obtenir un sous-sol habitable avec de grandes fenêtres au-dessus du sol

  • Des fondations en béton d’un seul étage qui n’encourage pas l’utilisation de l’automobile en évitant les stationnements sous-terrain

Cependant, ce ne sont pas tous les aspects des bâtiments en bois et en briques qui sont durables selon les normes d’aujourd’hui. L’utilisation de briques comme matériau des murs porteurs implique beaucoup d’émissions de GES à la source. De plus, l’enveloppe de l’immeuble n’a pas une bonne efficacité thermique. À l’époque, les fenêtres en métal à simple vitrage étaient peut-être durables et faciles d’entretien, mais elles compromettent le confort thermique et augmentent la consommation d’énergie pour la climatisation. Au grand mérite des constructions en bois massif, leur armature moderne est facile à moderniser en ajoutant de l’isolant thermique et des fenêtres à bon rendement énergétique. Il est également possible d’installer des systèmes modernes de chauffage, de climatisation et de ventilation en laissant une bonne hauteur libre pour les conduits, la tuyauterie et le câblage. La facilité de modernisation des bâtiments et en bois et en briques est sans parallèle à notre époque. C’est une typologie qui a réussi à bien transitionner d’un usage industriel à un usage professionnel et artistique, puis à une diversité d’occupations résidentielles.

Dans le cycle de vie des établissements humains et de l’environnement bâti, cette typologie de construction a amplement démontré qu’elle est suffisamment durable et résiliente pour durer à travers le temps. Son armature robuste lui permet aussi d’être facilement modernisée en vue d’un autre cycle d’occupation. Ce sont des qualités essentielles parce que les villes ont besoin d’un parc immobilier qui peut être utilisé à son maximum et dévalorisé jusqu’à devenir abordable pour certains segments de la communauté, comme les artistes et les entrepreneurs. Ceux-ci profitent ensuite de vie, de travail et de création. Enfin, la gentrification est l’étape suivante du cycle, non sans avoir d’abord servi d’incubateur à une ou plusieurs générations d’artistes et d’innovateurs.

Construire durablement en vue du changement

Building framed in wood against a blue sky

L’analyse de la typologie des immeubles en bois et en brique révèle des relations intéressantes. L’intégration de la structure et de l’enveloppe signifie que cette dernière profite de la durabilité de la structure. La polyvalence des étages à aire ouverte et de la hauteur des plafonds a permis d’intégrer les services et les dispositifs nécessaires. Ce sont des immeubles qui pouvaient être utilisés au maximum de leur capacité sans détérioration, et qui ont ensuite réussi à s’adapter facilement à différents usages et occupations. C’est pour cette raison, entre autres, qu’ils ont servi d’incubateur pour toute sorte d’industries et d’activités. (Source : Heavy Timber Mill Construction Buildings. National Lumber Manufacturers Association, Engineering Bulletin No. 2, Mai 1916.)

Un immeuble historique en bois en hauteur à Toronto

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Située au 197-205 Spadina Avenue à Toronto en Ontario, la manufacture de vêtements Empire a été construite en 1923 selon les plans de l’architecte Benjamin Brown. Après plus d’un siècle d’usage commercial dans le Garment District, le bâtiment en bois et en brique héberge aujourd’hui des entreprises et des bureaux. Son ambiance chaleureuse, son abondante luminosité naturelle et la belle vue qu’offrent ses quatre façades assurent des loyers concurrentiels aux propriétaires de l’immeuble à usage locatif. (Source : Historical Tall-Wood Toronto par Ross Beardsley Wood, 2024.)

Le document Historical Tall-Wood Toronto constitue une base de données structurante sur les immeubles traditionnels en bois et en brique de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle construits en suivant les normes ignifuges et les méthodes de construction en bois massif à Toronto au Canada. Il est important de noter que c’est une typologie de bâtiment courante dans plusieurs régions du Canada et des États-Unis et que ce sont des immeubles qui ont perduré dans le temps.

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Construire durablement en vue du changement

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L’analyse de la typologie des immeubles en bois et en brique révèle des relations intéressantes. L’intégration de la structure et de l’enveloppe signifie que cette dernière profite de la durabilité de la structure. La polyvalence des étages à aire ouverte et de la hauteur des plafonds a permis d’intégrer les services et les dispositifs nécessaires. Ce sont des immeubles qui pouvaient être utilisés au maximum de leur capacité sans détérioration, et qui ont ensuite réussi à s’adapter facilement à différents usages et occupations. C’est pour cette raison, entre autres, qu’ils ont servi d’incubateur pour toute sorte d’industries et d’activités. (Source : Heavy Timber Mill Construction Buildings. National Lumber Manufacturers Association, Engineering Bulletin No. 2, Mai 1916.)

Au tournant du vingtième siècle, la construction en bois massif s’est standardisée et les architectes, les ingénieurs et les ouvriers du bâtiment ont pu avoir facilement accès à de l’orientation technique. Ce bulletin d’ingénierie datant de 1916 est un bon exemple de transfert de connaissances par l’industrie américaine du bois d’œuvre, qui vantait alors les mérites de ce type de construction pour les usines, les manufactures et les bâtiments institutionnels. Elle a évolué jusqu’à devenir une forme raffinée d’architecture traditionnelle qui conserve un caractère distinctif facilement reconnaissable en tant que symbole de l’industrialisation de la société nord-américaine.

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La construction en bois massif

De la même façon que la construction des maisons en charpenterie légère en bois a évolué jusqu’à devenir le modèle en termes de code et de norme, la construction en bois et en brique a pavé la voie à l’avenir des bâtiments en bois massif. De la même manière, une série de directives de conception stéréotypées pour les archétypes courants éliminerait le besoin de produire des variantes dans un but de conformité au code. Les innovations parallèles dans les enveloppes modulaires préfabriquées permettraient une accélération de l’installation, puis l’entretien subséquent, la modernisation et le possible remplacement pendant le cycle de vie du bâtiment. L’avenir de l’architecture écoresponsable passe par le développement d’un design économique, efficace, résilient et faible en carbone pendant l’ensemble du cycle de vie. Les vieux immeubles en bois et en brique ont déjà fait tout le travail de développement d’un cadre contemporain de durabilité pour les constructions en bois.

La publication sur les bâtiments de bois de Toronto catalogue une cohorte encore debout aujourd’hui, et qui, d’une certaine manière, a surpassé la performance de la grande majorité de l’architecture du vingtième et du vingt-et-unième siècle. C’est un exploit qui peut être apprécié seulement en prenant la mesure du temps passé et en tenant compte du cycle de vie des immeubles. En somme, les bâtiments industriels en bois et en brique ont encore beaucoup à nous apprendre.

Le terme « construction en bois massif » réfère à un type de construction où la charpente intérieure et les planchers sont en bois et sont disposés en masses solides avec des surfaces plates de façon à exposer le moins possible d’angles et de coins. Ceci permettait aussi d’éviter les espaces cachés que les flammes pourraient atteindre facilement en cas d’incendie. La taille des poutres et des colonnes en bois massif est pensée pour conserver une résistance suffisante après l’exposition au feu. L’expérience a également démontré que celles-ci sont plus sécuritaires pour l’évacuation des occupants et des pompiers. Traditionnellement, ce type de bâtiment misait sur des murs extérieurs porteurs en maçonnerie avec des fenêtres percées à intervalle régulier pour une enveloppe durable avec une durée de vie utile qui dépasse souvent le siècle.

L’objectif initial de cette typologie était de répondre aux besoins de la révolution industrielle avant l’avènement de l’électricité. C’est donc pour cette raison que les mesures naturelles de luminosité et de ventilation naturelle étaient privilégiées. Contrairement aux bâtiments spécialisés qui se construisent aujourd’hui pour les bureaux, les commerces et les usines, ceux d’antan étaient polyvalents. Ils pouvaient héberger à la fois des manufactures, des commerces et des bureaux pour une variété d’activités sous un même toit. Depuis, beaucoup ont été convertis en lofts et en bureaux haut de gamme sans nécessité d’altération majeure autres que la subdivision des espaces, le remplacement des fenêtres, la restauration des surfaces en bois, et la mise à niveau des systèmes mécaniques et électriques et de la plomberie. Les bâtiments en bois et en brique nous ont enseigné que l’architecture durable est assise sur trois piliers : une longue vie (durabilité, résilience), un usage sous-spécialisé (adaptabilité, flexibilité et polyvalence) et un faible impact (émissions, empreinte écologique). Les bâtiments en bois en hauteur de Toronto, ainsi que ceux des autres régions du Canada et des États-Unis, sont le testament bien vivant d’une approche qui a fait ses preuves. Certains projets plus récents ont largement reproduit cette typologie en raison de la demande pour les bâtiments de ce genre. Le public les préfère en effet aux constructions conventionnelles plus modernes.

Certaines des caractéristiques propres aux constructions en bois massif méritent qu’on les reproduise dans les constructions contemporaines. Pourquoi faire différent quand on peut faire bien? Dans sa volonté d’amélioration, l’innovation n’a pas besoin d’éliminer les stratégies de conception et les techniques de construction qui ont fait leurs preuves. À cet égard, un examen approfondi révèle un ADN qui peut servir de point de référence pour les conceptions d’aujourd’hui. Parmi les éléments de référence, il y a :

  • Un plan d’étage et un quadrillage de structure régulier et rectiligne qui sont simples et économiques à construire

  • Une structure à poteaux et à poutres avec des travées longues et nettes qui permettent de partitionner l’intérieur de différentes façons

  • Des fenêtres découpées qui forment des segments verticaux de maçonnerie extérieure non combustible et des murs mitoyens résistants au feu pour assurer la séparation des unités adjacentes en cas d’incendie

  • Une disposition régulière de la fenestration avec de grandes ouvertures qui favorisent la ventilation naturelle, la luminosité naturelle et un accès équitable à la vue

  • Une hauteur généreuse entre les étages qui peut accommoder la suspension des systèmes mécaniques, électriques et de plomberie

  • Des moyens répétés d’accès et de sortie verticaux qui respectent les critères de sécurité incendie pour différents usages et occupations

  • Des murs de maçonnerie intérieurs robustes et qui nécessitent peu d’entretien et qui peuvent recevoir une variété de finis, l’ajout d’isolation thermique et l’intégration de services

  • Un rez-de-chaussée suffisamment surélevé pour obtenir un sous-sol habitable avec de grandes fenêtres au-dessus du sol

  • Des fondations en béton d’un seul étage qui n’encourage pas l’utilisation de l’automobile en évitant les stationnements sous-terrain

Cependant, ce ne sont pas tous les aspects des bâtiments en bois et en briques qui sont durables selon les normes d’aujourd’hui. L’utilisation de briques comme matériau des murs porteurs implique beaucoup d’émissions de GES à la source. De plus, l’enveloppe de l’immeuble n’a pas une bonne efficacité thermique. À l’époque, les fenêtres en métal à simple vitrage étaient peut-être durables et faciles d’entretien, mais elles compromettent le confort thermique et augmentent la consommation d’énergie pour la climatisation. Au grand mérite des constructions en bois massif, leur armature moderne est facile à moderniser en ajoutant de l’isolant thermique et des fenêtres à bon rendement énergétique. Il est également possible d’installer des systèmes modernes de chauffage, de climatisation et de ventilation en laissant une bonne hauteur libre pour les conduits, la tuyauterie et le câblage. La facilité de modernisation des bâtiments et en bois et en briques est sans parallèle à notre époque. C’est une typologie qui a réussi à bien transitionner d’un usage industriel à un usage professionnel et artistique, puis à une diversité d’occupations résidentielles.

Dans le cycle de vie des établissements humains et de l’environnement bâti, cette typologie de construction a amplement démontré qu’elle est suffisamment durable et résiliente pour durer à travers le temps. Son armature robuste lui permet aussi d’être facilement modernisée en vue d’un autre cycle d’occupation. Ce sont des qualités essentielles parce que les villes ont besoin d’un parc immobilier qui peut être utilisé à son maximum et dévalorisé jusqu’à devenir abordable pour certains segments de la communauté, comme les artistes et les entrepreneurs. Ceux-ci profitent ensuite de vie, de travail et de création. Enfin, la gentrification est l’étape suivante du cycle, non sans avoir d’abord servi d’incubateur à une ou plusieurs générations d’artistes et d’innovateurs.

Les humains bâtissent en bois depuis les premières formes d’abris primitifs. Contrairement à la pierre, c’est un matériau facile à travailler et qui peut être assemblé par une seule personne ou par un petit groupe. Bien qu’il n’ait pas été utilisé pour construire des monuments d’architecture, il n’exige pas un travail de plusieurs décennies par une vaste main-d’œuvre. Rapides et à faciles à construire, les bâtiments en bois ont démontré leur durabilité et leur résilience tout en offrant un charme et une beauté naturelle. Des premiers établissements européens aux maisons et appartements modernes canadiens, le bois occupe une place de choix. Plus récemment, nous avons été témoins de l’introduction des bâtiments en bois massif qui misent sur une variété de produits du bois d’ingénierie. On prédit que la construction écoresponsable misera de plus en plus sur les matériaux biosourcés, et les attentes et la destinée de notre pays resteront intimement liées à celles de ses forêts et du bois qu’elle produit.

La construction « verte » dans le respect de l’environnement progresse, mais l’architecture traditionnelle du 21e siècle carboneutre en est encore à l’état embryonnaire. Si notre objectif est d’imaginer des recettes fiables et robustes pour la construction des bâtiments qui nous entourent (appartements, magasins, écoles et bureaux), nous avons intérêt à nous inspirer de la résilience et la polyvalence des entrepôts et usines qui bordent les rues des anciens quartiers industriels du Canada.